Le NPD face à un gouvernement qui fait la sourde d'oreille
Bien qu’elle ait toujours adoré la politique et baigné dans le milieu, ayant notamment travaillé au sein du ministère des Affaires étrangères, Hélène Laverdière apprend son métier à la dure : de longues heures (souvent de 14 à 16 heures) à patauger entre les comités, les réunions, les entrevues avec les médias, sans parfois avoir le temps de manger un vrai repas. Mais la députée de Laurier–Sainte-Marie ne se plaint pas. Elle aime ce qu’elle fait.
Aux lendemains des élections du 2 mai, au terme desquelles elle a défait le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, celle qui se dit d’allégeance néo-démocrate depuis plusieurs années a découvert qu’elle adorait son nouveau métier. «C’est un privilège d’être députée, avance-t-elle. Je me suis toujours intéressée à la politique. Mais là, d’avoir une voix, de pouvoir y participer et de pouvoir y apporter ce que j’ai à y apporter, c’est un privilège. C’est un métier exigeant, mais j’aime beaucoup ça.»
N’empêche, malgré cette passion naissante, la néo-démocrate a mal à sa démocratie. Elle déplore le manque d’écoute du gouvernement majoritaire de Stephen Harper. «En ce moment, on fait face à un gouvernement qui ne veut tout simplement pas écouter. Un gouvernement qui a l’impression de détenir la vérité et qui croit qu’il n’a pas à écouter ceux qui pensent différemment de lui. Je trouve ça assez pénible», explique la porte-parole de l’opposition officielle en matière d’Affaires étrangères et leader parlementaire adjointe.
Malgré l’inexpérience du caucus, malgré le choc causé par la perte de son chef, Jack Layton, et malgré le comportement du gouvernement, Mme Laverdière défend le travail fait par le NPD et continue de croire qu’elle peut faire ce pourquoi elle a été élue. «Nous sommes une opposition plus forte que ce que bien des gens croient», estime-t-elle. Pour elle, l’adhésion des Québécois au NPD n’est pas qu’un feu de paille. Elle croit fermement que dans quatre ans, les appuis au NPD seront aussi forts.
Pourquoi en est-elle aussi convaincue? À cause des forces du parti, composé de gens de convictions et de talents, dans un caucus diversifié, motivé et uni. Uni, malgré une course au leadership à laquelle participent huit personnes. Le successeur de Jack Layton sera connu le 24 mars 2012, il deviendra alors le prochain chef de l’opposition officielle.
Contrairement à certains de ses collègues qui se sont déjà rangés derrière un des candidats à la chefferie du NPD, Mme Laverdière préfère écouter ce que chacun d’eux a à dire et garder toutes ses options ouvertes. Néanmoins, elle sait d’ores et déjà que les défis qui attendent le nouveau chef seront de taille. «Le nouveau chef devra continuer d’essayer de faire entendre raison au gouvernement», dit-elle.
Faire entendre raison à un gouvernement qu’elle qualifie d’«amateur et de désengagé». «Aujourd’hui, le Canada se distingue par son manque d’écoute, dénonce-t-elle. Le retrait du Canada du protocole de Kyoto est dramatique, non seulement d’un point de vue environnemental, mais pour l’image du pays, qui était jadis sa principale richesse à l’étranger.»