La décriminalisation de la prostitution exigée
L’organisme Stella, qui défend les droits des travailleurs de sexe, réclame la décriminalisation des activités liées à la prostitution, telles que la sollicitation. «Les lois en place rendent les femmes vulnérables et les exposent à la violence», dénonce Émilie Laliberté, directrice de l’organisme Stella.
Samedi matin, quelques dizaines de personnes se sont réunies à l’angle de la rue Sainte-Catherine et du boulevard Saint-Laurent pour interpeller les autorités, lors d’une manifestation organisée par Stella.
L’organisme demande aux autorités provinciales et municipales du suspendre l’application des lois criminalisant ses activités, en attendant que la législation canadienne soit modifiée. «Ces mesures enverraient le message très clair aux agresseurs que leurs actions sont inacceptables et permettraient aux victimes de dénoncer la violence sans s’exposer à la criminalité», soutient Émilie Laliberté.
Selon elle, les travailleuses du sexe renoncent souvent à porter plainte lorsqu’elles sont victimes d’abus, par crainte d’être l’objet de poursuites criminelles ou de répression policière. La directrice de Stella cite à titre d’exemple le cas de la Nouvelle-Zélande, qui a décriminalisé la prostitution. «Là-bas, les femmes ont beaucoup plus de recours. Elles peuvent non seulement dénoncer les agressions, mais aussi les conditions de travail abusives.»
À l’heure actuelle, Stella suit de très près deux contestations judiciaires en cours ailleurs au Canada. La Cour suprême a accepté en mars dernier d’entendre un regroupement de 60 prostituées de Colombie-Britannique qui contestent les lois en place. La Cour supérieure de l’Ontario a par ailleurs invalidé, en septembre, certains articles du Code criminel canadien touchant à la prostitution. La juge Susan Himel a déterminé qu’ils contribuaient à mettre en danger les travailleuses du sexe. Le gouvernement fédéral a toutefois porté la cause en appel et le jugement de la Cour d’appel n’a pas encore été rendu.