Le nombre d’étudiants aux besoins particuliers explose au cégep
Le nombre d’étudiants au cégep ayant des besoins particuliers a été multiplié par 6 depuis 5 ans, selon des données rendues publiques par la Fédération des cégeps, jeudi matin.
Étonnamment, cette explosion, n’inquiète pas les autorités. «Cette hausse, c’est la démonstration d’un grand succès. On a les moyens de mieux les détecter, de les encadrer pour qu’ils se rendent au cégep et qu’ils obtiennent un diplôme post-secondaire», s’est félicité Pierre Duchesne, ministre de l’Enseignement supérieur.
Il a annoncé, jeudi, que le gouvernement versera 5M$ supplémentaires sur deux ans au réseau des cégeps pour financer le renforcement des services aux étudiants ayant des besoins particuliers. La Fédération des cégeps, qui reçoit déjà 12 à 13M$ par an pour de tels services, voit son enveloppe bonifiée, même si elle demandait plutôt 10M$ supplémentaires.
Les services offerts à des personnes ayant un handicap ont beaucoup évolué. Il y a cinq ans, il s’agissait surtout d’aménager les locaux pour les étudiants en fauteuil roulant, ou d’offrir un interprète maitrisant la langue des signes, pour accompagner les étudiants sourds et malentendants à leurs cours.
Aujourd’hui, il s’agit aussi d’adapter les cours aux besoins des élèves ayant des troubles de l’attention ou ceux souffrant de problèmes de santé mentale comme les troubles anxieux, ou encore d’offrir des services d’orthophonie aux étudiants dyslexiques afin de les aider à terminer leurs études.
«C’est entre autres grâce à cela que les 18-24 ans du Québec ont le plus haut taux de diplomation et de persévérance au Canada», a souligné Jean Beauchesne, président de la Fédération des cégeps.
Si la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) s’est félicitée de la nouvelle, sa présidente, Éliane Laberge, a souligné le chemin qui reste à parcourir. Elle souligne que pour avoir accès à ces services, un étudiant doit avoir en main un diagnostic prouvant son incapacité.
Or certains n’en disposent pas pour des raisons financières ou techniques (délais d’attente dans le secteur public). D’autres n’ont tout simplement pas bénéficié du transfert de leur dossier de suivi entre le secondaire et le cégep. La FECQ recommande donc la mise en place de cliniques mobiles de diagnostics qui se déplaceraient notamment dans les 48 cégeps de la province.
La somme annoncée jeudi servira aussi à financer des projets de persévérance scolaire chez les 500 autochtones inscrits au cégep, ainsi que chez les nouveaux arrivants.