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06:00 19 décembre 2013 | mise à jour le: 20 décembre 2013 à 11:29

Très-Saint-Nom-de-Jésus toujours en attente

Très-Saint-Nom-de-Jésus toujours en attente
Photo: collaboration spéciale

L’église Très-Saint-Nom-de-Jésus, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, connaî­tra son sort au début de l’année 2014.

L’Archevêché de Montréal souhaite rouvrir les portes de l’église aux croyants. Il attend un rapport d’ingénierie pour attacher les dernières ficelles de son projet, tant pour ce qui est de l’échéancier que du montage financier.

«C’est une question de semaines», a indiqué la directrice des communications de l’Archevêché, Lucie Martineau.  Elle a souligné que l’intention de l’archevêque, Mgr Christian Lépine, de rouvrir ce lieu de culte délaissé depuis 2009 est «ferme». «Pour qu’il recule, il faudrait que quelque chose de majeur arrive», a ajouté Mme Martineau.

Mgr Lépine n’a pas voulu discuter avec Métro de son projet. Il préfère attendre que la planification soit complétée avant d’en parler publiquement.

Une réouverture de l’église au printemps a toutefois été évoquée par l’Archevêché auprès de la députée d’Hochelaga, Carole Poirier. «On m’a dit que des travaux se feront de façon plus accélérée dans les prochains mois», a-t-elle rapporté.

Est-ce que des activités culturelles seront organisées dans l’église après sa réouverture? L’Archevêché n’a pas voulu répondre par l’affirmative, arguant qu’il est tôt pour le dire. Mme Poirier a de son côté indiqué qu’une offre culturelle faisait partie des plans.

«[L’Archevêché] a dit qu’il commencerait à faire les travaux et qu’il arriverait avec une offre culturelle pour faire rejouer l’orgue au bénéfice de tout le monde», a-t-elle dit.

La députée a dit ignorer comment l’Archevêché entend financer son projet. Aucune demande de subvention n’a été présentée au du gouvernement du Québec, selon elle.

L’église Très-Saint-Nom-de-Jésus a fermé ses portes en 2009. L’année suivante, l’Archevêché de Montréal a annoncé son intention de la démolir et de la remplacer par un immeuble à loyers modiques, tant les coûts d’entretien, qui s’élevaient à environ 100 000$ par année, étaient importants. Il souhaitait aussi vendre le célèbre orgue Casavant à une autre église.

La communauté s’est mobilisée et a formé un comité de sauvegarde de l’église, qu’a présidé jusqu’au mois de juin, Robert Cadotte, de l’Atelier d’histoire d’Hochelaga-Maisonneuve. Après de longues discussions, un projet de Maison de l’orgue, chiffré à quelque 6 M$, a été proposé. «L’idée, c’était de créer un centre d’expérimentation, où les gens auraient pu essayer toutes sortes de choses, a expliqué M. Cadotte. Tout aurait été centré sur l’orgue parce que c’est un instrument extraordinaire.»

Le comité de sauvegarde avait obtenu l’appui financier du gouvernement du Québec et de l’arrondissement Mercier–Hochelaga–Maisonneuve. La Commission de la construction du Québec avait aussi offert que ses étudiants travaillent à la restauration de l’église.

Le cardinal Jean-Claude Turcotte, qui agissait à titre d’archevêque de Montréal à l’époque, avait accepté de ven­dre l’église et l’orgue au prix symbolique de 1 $, à la suite d’une longue bataille. «[Mgr Turcotte] disait que l’orgue et l’église appartenaient à l’archevêché, s’est rappelé Robert Cadotte. Je leur disais qu’ils appartenaient aux gens du quartier qui l’ont construit à la sueur de leur front. Ce n’était pas parce qu’ils leur appartenaient qu’ils allaient nous les faire payer deux fois.»

Lorsque Mgr Christian Lépine a été nommé à l’Archevê­ché de Montréal, en 2012, il a décidé de mettre un frein aux ventes d’églises et de faire mar­che arrière concernant la vente de l’église Très-Saint-Nom-de-Jésus et l’orgue Casavant.

Malgré cela, Carole Poirier croit que le retour des messes et l’organisation d’activités culturelles autour de l’orgue peuvent très bien cohabiter dans l’église. Reste à voir ce que l’Archevêché proposera. «On apprend à la pièce ce qu’il veut faire», a déploré la politicienne.

Le comité de sauvegarde de l’église, auquel prend part Mme Poirier, s’est retiré, le temps que l’Archevêché peaufine son projet, mais il ressuscitera lorsqu’il sera question des activités culturelles, a dit la députée.

Historique

  • 1903 à 1906  Construction de l’Église Très-Saint-Nom-de-Jésus selon une inspiration byzantine et romaine. Les architectes Charles A. Reeves et Albert Mesnard signent les plans.
  • 1915  Installation de l’orgue Casavant. À l’époque, c’était le sixième orgue le plus imposant du monde.
  • Années 1970 En raison du sol instable, la structure de l’église doit être solidifiée. Des câbles d’acier sont installés dans la nef de l’église.
  • Juillet 2009 Fermeture de l’église.
  • Novembre 2009 Un rapport de l’ingénieur en structure, François Goulet, statue que le bâtiment est dangereux.
  • Septembre 2010 L’Archevêché de Montréal annonce qu’il fera don de l’orgue Casavant à une église du Québec et il propose de démolir Très-Saint-Nom-de-Jésus pour y construire un immeuble à loyers modiques avec l’aide du gouvernement. Héritage Montréal en fait l’un des sites les plus menacés dans la métropole.
  • Mars 2013  L’Archevêché de Montréal revient sur sa décision et annonce qu’il veut rouvrir Très-Saint-Nom-de-Jésus au culte.

Conversion complexe

Quel que soit le projet qui sera retenu pour donner un second souffle à Très-Saint-Nom-de-Jésus, sa transformation s’annonce complexe.

Ses dimensions immenses font en sorte que les coûts de restauration seront importants, a fait savoir le chargé de projet du Conseil du patrimoine religieux du Québec (CPRQ), Denis Boucher.

«Très-Saint-Nom-de-Jésus fait partie des églises montréalaises qui présentaient, au niveau structural, des problématiques particulières qui ajoutent un autre défi à la transformation», a mentionné M. Boucher.

L’abandon de l’église au cours des dernières années a accéléré sa détérioration, croit le CPRQ. Le chauffage maintenu au minium au cours des dernières années a entraîné le bris d’une conduite de gicleur. Des mor­ceaux de la toiture de cuivre ont aussi été volés.

Série
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