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Les luttes se poursuivent à la Ligue des droits et libertés

Photo: Yves Provencher/Métro

Il y a presque 40 ans, la Charte québécoise des droits et libertés était adoptée, notamment sous l’impulsion de la Ligue des droits et libertés (LDL). Malgré tout, de nombreux droits continuent d’être bafoués, et on assisterait même à un recul depuis quelques années au Québec et dans le reste du Canada, selon Dominique Peschard, président de la LDL. La ligue tiendra jeudi soir, à l’occasion de la Journée mondiale de la justice sociale, un spectacle-bénéfice au Cabaret du Mile-End, pour célébrer ses 50 ans d’existence.

  • Quelques luttes au fil du temps

Droits des femmes: Dès sa création en 1963, la LDL milite pour réformer le Code civil et les régimes matrimoniaux qui traitaient les femmes comme des mineures sur le plan légal. Dans les années 1970, elle appuie les mouvements féministes qui luttent pour l’avortement.

Droits autochtones:
En 1977, la LDL créé le Comité d’appui aux nations autochtones pour soutenir leurs luttes et leurs revendications. Elle dénonce entre autres les discriminations, les campagnes de salissage et les incidents tragiques dont sont victimes les Amérindiens qui défendent leurs droits ancestraux de pêche dans les rivières à saumon de la Côte-Nord et de la Gaspésie dans les années 1970.

Lutte contre le racisme:
Au début des années 1980, la LDL fait des représentations auprès de la Commission des droits de la personne contre le racisme dans l’industrie du taxi. Plus récemment, elle critique le profilage racial d’autorités policières, notamment dans le cas de l’affaire Fredy Villanueva.

  • «Il y a encore beaucoup de travail à faire»

Les besoins qui ont mené à la création de la ligue existent-ils toujours?
«Depuis la création de la ligue, la compréhension des droits humains et de leur importance a progressé, affirme le président de la Ligue des droits et libertés, Dominique Peschard. Dans les années 1970, les gouvernements ont été très ouverts à mettre en place des mesures pour faire progresser les droits économiques et sociaux en améliorant l’accès à des services comme l’éducation, la santé et l’aide juridique. Mais depuis le virage néolibéral des années 1980, l’État se désengage de ses responsabilités.»

«Le Canada s’est fait critiquer à plusieurs reprises par des instances de l’ONU, entre autres pour son bilan en matière de droit à l’alimentation et de droits des autochtones, rappelle M. Peschard. Des droits civils sont aussi érodés, comme celui à la vie privée, vue les mesures de surveillance et de sécurité accrues depuis le 11 septembre 2001. La répression des manifestations au Québec et l’utilisation de codes et de règlements comme le P-6, à Montréal, briment la liberté d’expression de ceux qui s’opposent à des politiques du gouvernement.»

  • De concert avec divers groupes

La LDL a toujours travaillé en collaboration avec plusieurs organismes et groupes de citoyens. «Divers organismes comme le nôtre témoignent de violations de droits à la ligue, qui peut les compiler, dresser un portrait d’ensemble et faire des représentations auprès des gouvernements et d’instances internationales», estime Véronique Laflamme, organisatrice communautaire au Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).«Au lendemain d’arrestations brutales et arbitraires au G20 de Toronto en 2010, la ligue a aidé un regroupement de manifestants à porter plainte auprès de la Commission interaméricaine des droits de l’homme, à Washington», se rappelle pour sa part Maryse Poisson, étudiante à la maîtrise en sciences de l’environnement.

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