Plus d’infirmières, mais pas dans le réseau public
La croissance du nombre d’infirmières au Québec, de 8,3% depuis dix ans, ne profite pas au réseau public.
Selon un bulletin de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) dévoilé mercredi, le nombre d’infirmières employées par le réseau public de la santé et des services sociaux (RSSS) se maintient autour de 55 000 depuis des années, alors que le nombre total est passé de 62 778 à 67 984.
Toujours selon les chiffres de l’OIIQ, le problème se situe dans la rétention des infirmières dans le réseau public plus que dans l’attraction initiale. Plus de 95% des nouveaux diplômés sont recrutés par le RSSS. Mais plus les infirmières ont de l’expérience dans la profession, plus elles délaissent le réseau public. Après dix ans d’expérience, elles ne sont plus que de 80 à 84% à travailler dans le RSSS.
Alors que sévit une pénurie de personnel infirmier, selon l’OIIQ, seules 50% des infirmières travaillant dans le système public ont des postes à temps plein. «Il est surprenant que la proportion de postes à temps complet ne soit pas plus grande, alors que des infirmières bien formées sont disponibles, a dit Lucie Tremblay, présidente de l’OIIQ. Il y aurait un potentiel d’utiliser davantage les infirmières qui sont déjà sur le marché du travail.»
Mme Tremblay juge tout aussi étonnant que la proportion des infirmières dans les équipes soignantes du réseau public de la santé et des services sociaux ait diminué de 6% en dix ans. «Dans les CHSLD, la présence d’infirmières a été réduite au point tel que dans certaines situations, il n’y a plus d’infirmières de soir et de nuit, a déploré Mme Tremblay. Pourtant, leur clientèle est particulièrement vulnérable.»
L’OIIQ s’inquiète aussi du fait que les Cégep ne soient pas capable d’accueillir tous les jeunes qui voudraient choisir cette profession, plus de 3000 candidats ayant été refusés en soins infirmiers à l’automne 2013.
Vers le privé
82,2%
La proportion d’infirmières travaillant dans le réseau public est passée de 86,5% en 2002-2003 à 82,2% en 2009-2010.