Des économistes réclament des promesses électorales chiffrées
Les partis politiques provinciaux devraient s’engager à chiffrer leurs promesses pour mieux éclairer les électeurs, a avancé mardi l’Association des économistes québécois (AEQ).
«Lors des campagnes électorales, nous sommes souvent dans un brouillard économique, les partis martèlent les électeurs de promesses sans présenter un cadre budgétaire qui appuie clairement ces engagements», affirme Jean-Michel Cousineau, président du comité des politiques publiques de l’AEQ.
Afin de changer le statu quo, l’AEQ a fait parvenir lundi une lettre aux chefs des partis provinciaux leur demandant de présenter un cadre budgétaire dès le début de la campagne électorale imminente. Autrement dit, les partis devraient tous ériger un tableau qui dévoile le plan global du budget: les revenus, les dépenses et la dette.
[pullquote]
«De nombreuses promesses électorales ont des grands impacts financiers, mais pour les journalistes et les analystes il est souvent difficile d’évaluer leur faisabilité et d’en informer le public», explique le commentateur économique Luc Godbout, aussi directeur du département de fiscalité de l’Université de Sherbrooke. Ce dernier rappelle que lors de la campagne de 2012, la majorité des partis avait présenté un cadre financier, mais que la forme variait énormément. «Certains présentaient leurs projections pour l’ensemble du mandat, d’autres pour une seule année… ça ne permettait pas de faire des comparaisons de leurs engagements économiques», résume-t-il.
«Nous nous sommes pliés à l’exercice de produire un cadre budgétaire en utilisant les projections financières dévoilées par le gouvernement Marois en février. C’est un tableau très simple que tout le monde peut comprendre rapidement», a expliqué M. Cousineau, qui souhaite que les partis réalisent un graphique semblable qui détaillerait les revenus et les dépenses des cinq années du futur mandat.
Le tableau suggéré par l’Association des économistes québécois
Avec le vieillissement de la population, les dépenses augmentent et les revenus baissent, ajoute Jean-Luc Landry, président de Gestion de portefeuille Landry. «Plusieurs économistes chevronnés ont démontré qu’on se dirige vers un déficit structurel. C’est sûr que dans un contexte où il n’y a pas d’argent, c’est tentant pour les politiciens de manipuler les chiffres», fait-il valoir, ajoutant que la transparence est d’autant plus importante pour garder la confiance des électeurs.
