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Pour des élections avec plus de geeks et moins de gourous

Photo: Getty Images/iStockphoto

Même si, en matière de technologies, les partis politiques québécois se contentent souvent du minimum (Facebook et Twitter), ils pourraient offrir plus de place aux geeks et moins aux gourous, clament certains experts. Voici un aperçu des possibilités, en trois clics!

1- Lire The Victory Lab

ACTU campagne 2.0 - Victory Lab

L’ouvrage du journaliste américain Sasha Issenberg est devenu une référence. «Malgré les différences dans le mode de scrutin, c’est le livre de référence que tout politicien québécois devrait lire», selon Jonathan Brun, adepte de l’open data (données ouvertes).

En croisant les statistiques démographiques et la carte du réseau en transport en commun, on peut notamment personnaliser la publicité. Quand l’équipe du président Barack Obama décide de cibler la population Latino de New York, elle consulte les données du recensement pour connaître leur répartition dans la ville. Elle fusionne ensuite ces données à celles du transport en commun pour déterminer quelles lignes de bus passent dans ces secteurs et dans quelles stations de métro poser des affiches les ciblant personnellement.

Autre pratique dont pourrait s’inspirer les partis: le AB testing. «Cela consiste à tester sur le web différentes versions du même message et mesurer le plus efficace pour augmenter les dons, recruter des bénévoles ou convaincre les indécis, c’est assez simple à réaliser», indique Jonathan Brun.

2- Optimiser le pointage

ACTU campagne 2.0 - Pointage

Quand un scrutin est particulièrement serré, tous les politiciens vous le diront, l’important, c’est de faire sortir le vote. Là où ils restent flous, c’est comment ils s’y prennent. En gros, cela consiste à déterminer dans chaque circonscription où exactement loge chacun des sympathisants et de les recontacter juste avant le vote pour s’assurer qu’ils iront voter.

«Mais comme il y a des moins en moins de bénévoles, il faut optimiser leur travail», explique Alexandre Foisy, fondateur de Logi-K, qui a mis au point un logiciel de pointage utilisable sur iPhone ou iPad. Pour chaque électeur contacté, le bénévole note, par exemple, qu’il s’agit d’un sympathisant qui aura besoin d’un transport le jour du vote ou d’un indécis qui s’intéresse à la question des frais de scolarité. «À quelques jours du vote, quelqu’un lui enverra un message personnalisé en fonction des préoccupations exprimées afin de le pousser à voter», indique Alexandre Foisy, qui précise que cette méthode est surtout utilisée au niveau municipal.

Ce dernier planche aussi sur une méthode de pointage par les réseaux sociaux. «Obama a créé un hub où tu pointes tes amis indécis. Grâce aux informations contenues sur les comptes Facebook, on peut alors personnaliser les messages du genre: « Je sais que vous êtes étudiants à l’UQAM et que vous êtes indécis. Savez-vous que notre parti est pour le gel des frais de scolarité ». Je pense que ce sera prêt pour la prochaine élection fédérale», ajoute-t-il. Le seul problème, c’est que les indications de villes sur Facebook ne sont pas assez précises actuellement.

3- Miser sur l’open data

ACTU - campagne 2.0 - Données ouvertes

Les données ouvertes (open data) sont des données techniques rendues publiques par des organisations. Celles de la Ville de Montréal pourraient être avantageusement utilisées par les partis, même si leur étendue est encore limitée.

Sur le portail de la Ville, on peut, par exemple, trouver les données sur le comptage des véhicules et des piétons aux intersections munies de feux de circulation. Cela indique avec certitude les axes les plus payants pour placer les pancartes. Mettez quelques programmateurs sur le projet et ils vous reviendront avec une carte Google bien plus facile à lire que les données brutes.

Grâce aux données tirées du recensement, la Ville dispose aussi des données sociodémographiques de chaque arrondissement. C’est l’idéal pour avoir une signature de chaque quartier, selon l’âge, le statut matrimonial ou les différentes origines ethniques représentées. Le marketing électoral chirurgical, façon Obama, n’est peut-être pas si loin pour finir…

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