La FIQ s’inquiète des propos du ministre
Alors que s’amorce lundi la Semaine des infirmières, la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Régine Laurent, s’inquiète des propos tenus par le ministre de la Santé, Gaëtan Barrette, vendredi.
Le ministre a notamment soutenu devant les membres de l’Association québécoise des établissements de santé et de services sociaux (AQESSS) que ses trois mots d’ordre qui guideront l’exercice de révision des programmes seront «efficience», «efficacité» et «productivité». Il s’est toutefois gardé de dévoiler précisément son plan de match pour dégager des économies de centaines de millions de dollars.
«Le ministre a le droit de lancer ses grandes orientations, maintenant on va voir comment ça va se décliner lors de la publication du budget», a nuancé Mme Laurent.
Elle doute toutefois que cette directive puisse s’adresser aux professionnels en soin qui seraiemt difficilement en mesure d’en faire plus, dit-elle. «[Les infirmières] sont à la limite de ce qu’on peut demander à un être humain qui dispense des soins, qui a un haut niveau de stress et qui n’a pas droit à l’erreur. Nous sommes au maximum de ce qu’on peut faire au quotidien», insiste la présidente.
La campagne de sensibilisation du mois de mai de la FIQ tente d’ailleurs de mettre en lumière le travail excessif demandé aux infirmières, et ce, sans reconnaissance du milieu.
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«C’est très fréquent qu’on dise à des professionnels en soin, par exemple, qu’ils ont 10 minutes pour installer un soluté. Mais ce n’est pas possible de fonctionner par minutage comme ça, parce que d’une personne à l’autre les conditions et le temps peuvent varier», déplore Mme Laurent.
Si l’infirmière est incapable de respecter le minutage donné, plusieurs seraient alors victimes de harcèlement et d’intimidation par leurs supérieurs, soutient Régine Laurent.
«En travaillant avec des malades qui sont déjà en situation de vulnérabilité, les professionnels ne peuvent pas rentrer tout le monde avec un code-barre comme dans une épicerie», lance-t-elle.