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Ce petit détail…

C’est l’histoire de deux gars. Deux jeunes gars qui participaient l’autre soir à un mini party d’intégration de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal. Le party se tenait au Saint-Sulpice, un monument de la vie nocturne du Quartier Latin. Ouvert depuis près de 35 ans, on est pas mal certain que les murs de l’endroit en ont vu beaucoup. Dans le genre de très-beaucoup et parfois même davantage si vous voyez ce que je veux dire…

Ce qui fait donc qu’à un moment donné, les deux gars se sont embrassés dans une cage d’escalier de secours. Un membre du personnel du bar n’aurait vraiment pas apprécié ce qu’il venait de voir – question de sécurité – et aurait demandé aux boys d’aller se faire la bise ailleurs. Malgré les excuses présentées par la direction de l’établissement hier, des doutes subsistent quant au caractère homophobe de l’événement. Dans un monde qui se dit ouvert, cette expulsion a de quoi surprendre. Et en même temps, pas vraiment.

Il y a plus de 45 ans, le gouvernement libéral fédéral adoptait le bill Omnibus qui, entre autres, décriminalisait l’homosexualité. Un pas de géant pour la société d’alors. Rappelons-nous la phrase que Pierre Elliott Trudeau avait prononcée pour l’occasion: «… l’État n’a rien à faire dans les chambres à coucher de la nation.» Pour plusieurs, l’heure de la libération venait enfin de sonner. Et pourtant…

Relisez maintenant la phrase. Attardez-vous surtout aux mots «dans les chambres à coucher». Oups, ne trouvez-vous pas que notre grande ouverture vient de retrouver des dimensions un peu plus modestes? La chambre, c’est une chose. En dehors de celle-ci… Il est exactement là et toujours là le problème. Même après tout ce temps, tout est encore une question de perception.

Personne – surtout pas moi – ne contestera l’importance de cette loi. Sauf que si la société s’est donné bonne conscience en ayant l’impression d’avoir réglé pour de bon toute forme d’intolérance face à l’homosexualité, il en demeure que, sur une base individuelle, l’affaire semble encore bien compliquée pour quelques-uns. On pourrait qualifier ça de syndrome du «OK, mais pas dans ma cour».

Ce phénomène, on le retrouve aussi ailleurs. On est ouvert à l’immigration mais, dans les faits, les nouveaux arrivants ont encore beaucoup de difficulté à être embauchés pour de bons emplois et à se louer des appartements convenables. On n’est pas raciste mais quand sa fille débarque à la maison avec un nouveau chum noir, on s’accorde le droit d’être surpris. Des exemples comme ça, on pourrait en sortir encore deux-trois bras de long.

Combien de fois, on pense comme ci mais on fait comme ça? Certains vont dire que c’est ce qui fait la beauté du genre humain. Mais des fois ça donne aussi exactement le contraire. Ça s’appelle la laideur.

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L’automne s’annonce passionnant. Content de la reprise de la commission Charbonneau qui recevra enfin la visite du tant attendu Tony Accurso. Tellement hâte de voir comment se passera la première vraie rentrée parlementaire du gouvernement Couillard. Me demande si Yves Bolduc aura le temps de compléter sa liste d’effets scolaires? Je me demande également ce que trouvera la gang à Harper pour afficher encore plus d’arrogance dans sa gouvernance préélectorale.

Sûr et certain qu’on va bien s’amuser… ou brailler comme des veaux. Quand on dit que tout est une question de perception…

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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