«Nous sommes fermes sur la hausse», dit Beauchamp
Depuis 58 jours, des milliers d’étudiants sont en grève contre la hausse des droits de scolarité annoncée par la ministre de l’Éducation Line Beauchamp. Métro s’est entretenu avec elle à ce propos.
Comment comptez-vous sortir de la crise qui agite présentement les établissements scolaires québécois?
Va-t-on revenir à un gel des droits de scolarité? La réponse est non. Nous sommes fermes sur la hausse des droits de scolarité. Il y a une multiplication des recours devant les tribunaux, il faut se rappeler la loi qui stipule que les étudiants qui souhaitent suivre leurs cours ont des droits qu’ils peuvent exercer. On peut choisir de boycotter ses cours, mais les autres ont aussi des droits qu’il ne faut pas bafouer.
Comptez vous inviter les représentants étudiants autour d’une table de négociation pour trouver ensemble une solution?
Pour discuter de quoi? Lorsque nous avons tendu la main aux étudiants pour parler d’accessibilité aux études, on nous a refusé cette discussion. Je ne peux pas aller m’asseoir à une table lorsque le seul sujet imposé est «je veux le gel des droits de scolarité et je vais vous dire qui doit payer ma facture». Le gel des droits de scolarité n’est pas un sujet de discussion et nous sommes fermes sur la hausse de ces droits de scolarité.
Êtes-vous prête à négocier une autre hausse moins importante que 1 625$ ?
Je ne commenterai pas une hypothèse qui n’a pas été amenée par les étudiants. Comme je vous l’ai dit, nous sommes fermes sur cette question de hausse des frais de scolarité qui est une décision budgétaire.
N’avez-vous pas peur d’accroître le taux d’endettement des étudiants québécois?
Devoir s’endetter pour faire des études est une réalité, il faut le voir comme un investissement. Si on compare le Québec avec le reste de l’Amérique du Nord, on se rend compte qu’on a le régime d’aide financière le plus avantageux et que le degré d’endettement des étudiants québécois est le plus faible à l’échelle du pays. Notre modèle est le meilleur modèle d’études à l’échelle du Canada.
Mais lorsqu’on compare avec l’Europe, ne pensez-vous pas que le bilan universitaire du Québec est à nuancer?
Lorsqu’on compare avec la Scandinavie, il faut rappeler que là-bas, la taxe à la consommation est de 30 % et qu’on y a accepté d’exploiter les ressources naturelles. De quoi nuancer ce modèle.
Pourquoi ne pas comparer avec la France où la scolarité n’est pas très coûteuse et où les étudiants sont moins endettés?
Je pense qu’il faut comparer avec l’Amérique du Nord parce que le Québec fait partie de l’Amérique du Nord. Et puis, il y a beaucoup d’étudiants français dans notre province, il doit y avoir de bonnes raisons. C’est le signe qu’on a de très bonnes universités.
On commence à parler de perte de session ce qui peut être un danger pour l’économie québécoise. N’est-ce pas le rôle du gouvernement de prévenir une telle catastrophe?
Pour le moment, nous ne sommes pas dans ce scenario, mais plutôt dans celui de prolongements de session. C’est le cas pour cinq à six cégeps. Dans la grande majorité des établissements, les sessions suivent leur cours de façon normale et régulière.