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La poubelle des Québécois diminue-t-elle vraiment?

En 2012, chaque Québécois a envoyé 724 kilogrammes (kg) de déchets au dépotoir, soit 86 kg de moins qu’en 2008, selon les plus récentes données gouvernementales. Les écologistes remettent en cause certaines méthodes de calcul.

«Les résultats sont encourageants», a déclaré le ministre de l’Environnement, David Heurtel, qui présidait lundi la première réunion du nouveau comité-conseil sur les matières résiduelles qui planche sur de nouvelles mesures à inclure dans le prochain plan d’action gouvernemental.

Si l’on calcule tous les déchets émis au Québec par les citoyens, les entreprises, les commerces et les institutions, le Québec a produit 724 kg de déchets par habitant en 2012. Il est à 24 kg de son objectif de 2015.

Mais selon Karel Ménard, directeur général du Front québécois pour une gestion écologique des déchets, ces résultats ont été obtenus grâce à quelques acrobaties comptables. «Deux millions de tonnes de matières n’ont pas été comptabilisées. Il s’agit notamment de dizaines de milliers de tonnes de verre concassé issues de la collecte sélective municipale qui ont été utilisées comme matériaux de recouvrement dans les dépotoirs, faute de débouchés pour leur recyclage à cause de leur haut degré de contamination par les autres matières contenues dans les bacs de recyclage», clame-t-il.

En ne considérant pas ces matières comme des matières enfouies, le gouvernement s’est privé de 40M$ de redevances auprès des émetteurs de déchets, déplore M. Ménard. La question du verre fera d’ailleurs partie des sujets abordés par le comité-conseil qui regroupe des intervenants de l’industrie, de gouvernement et des écologistes.

Si ces derniers militent pour la création d’une consigne pour les bouteilles de vin afin d’améliorer la qualité du verre récupéré, d’autres croient que le bac vert remplit sa fonction de récupération et qu’il faut plutôt travailler sur la réutilisation du verre, en l’incorporant par exemple au béton.

«Le chantier principal sera celui des matières organiques», indique Mario Bérubé, fonctionnaire au ministère de l’Environnement. Si le Québec a amélioré son taux de récupération à 21%, l’objectif de 50% pour 2015 est encore loin d’être atteint et plusieurs villes, dont Montréal, prennent du retard dans le choix de leurs sites de compostage et dans la construction d’usines de biométhanisation pour produire du gaz avec les déchets.

 

 

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