Montréal Pi- Cue
Lu dans les offres d’emploi l’autre matin : Poste de maire. Lieu de travail : Montréal. Contrat d’une durée de quatre ans avec possibilité de renouvellement. Entrée en poste : novembre 2009. Doit avoir de la vision, la couenne dure, et devra aussi être vite sur ses patins dans une ville qui est dorénavant plutôt portée sur le vélo. Le bilinguisme, s’il n’est pas obligatoire, est un atout non négligeable. Ça peut toujours servir…
On ne peut que saluer l’arrivée de Louise Harel dans la lutte pour la prochaine élection municipale. Pour dire vrai, soyons minimalement sincères, on serait prêts à canoniser quiconque empêchera un duel opposant uniquement le Petit Maire Labonté et Gérald Tremblay, notre bien-aimé Tonton Bixi.
Sans remettre en question les compétences qui lui ont permis d’occuper des fonctions de ministre pendant longtemps, je suis tombé sur le cul quand j’ai appris que Mme Harel ne possédait qu’une maîtrise bien rudimentaire de l’anglais. Qu’à cela ne tienne, Pauline Marois, dans un élan chevaleresque pour défendre son ex-collègue, a déclaré que ce n’était «pas un péché de ne pas parler anglais». En effet Mme Marois, j’ai vérifié dans le petit catéchisme et ce n’est pas un péché d’être unilingue. C’est surtout un puissant handicap! Quand j’entends la chef d’un parti prononcer des sottises du genre, j’ai envie de hurler à m’en arracher le gorgoton…
Celui ou celle qui deviendra maire à l’automne sera à la tête d’une ville entourée de 325 millions de voisins anglophones. C’est sans compter ceux qui, dans le reste de l’univers connu, se servent de l’anglais comme dénominateur commun pour communiquer. Un monde je vous dis…
Montréal demeure une ville à l’équilibre linguistique fragile qui doit constamment protéger son identité essentiellement francophone. Sauf que pour occuper éventuellement une place de choix sur le grand Monopoly mondial, il faudra voir loin. Loin dans le temps et dans l’espace.
Dans ce contexte, parler ou non l’anglais n’est pas qu’une question de principe. C’est une question de valeur ajoutée. Si notre prochain prélat pouvait également parler le grec ancien, le pashtou et le zoulou, ça serait encore mieux. Montréal a besoin d’un leader capable d’ouvrir des portes. Pour faire entrer de l’air frais et aussi pour accueillir ceux qui viennent d’ailleurs. Ça peut toujours servir…