Crois et crève
La semaine dernière, on apprenait que malgré un été pluvieux et donc propice aux activités
«à ciel fermé», les films québécois avaient obtenu des performances décevantes aux yeux de nos distributeurs et autres propriétaires de salles de cinéma. On donnait comme exemple le
maigre 3,5 M$ d’entrées de Crusing Bar 2 pour illustrer cette déveine. Excusez-moi, mais pouvez-vous me dire si je rêve ou si je nage plutôt en plein cauchemar? Trois millions et demi de piasses ne suffisent plus pour être satisfait au box-office local? Non, c’est juste qu’on avait prévu un peu plus, voyez-vous…
Quand je vois les objectifs qu’ils se fixent, je me demande si certains de nos promoteurs ne sont pas en train de virer sur le capot. Si une comédie aussi mal foutue que Crusing Bar 2 engrange des revenus de cet ordre, ça m’indique surtout que les Québécois font encore montre d’une solidarité qui frise parfois la bonasserie quand vient le moment d’encourager un des leurs. Ceci étant dit avec toute l’affection que nous avons pour Michel Côté, à qui nous devons quand même signaler que son film puait le navet à plein nez…
Notre cinéma, que dis-je, notre industrie du cinéma a perdu les pédales depuis qu’on la soupçonne de fonctionner aux stéroïdes. La course aux gros noms, toujours les mêmes, les affiches de cinq étages et les budgets de promo obèses sont là pour en témoigner. C’est bien beau de viser les sommets, sauf que chaque fois que la réalité se pointe, on replonge dans une autre crise de morosité. C’est comme ça quand le jovialisme prime sur le réalisme…
Remarquez que c’est pareil en télé. C’est toujours la même affaire chaque automne. Dans un premier temps, avant même qu’une nouvelle émission soit vue ou même enregistrée, on promet des auditoires faramineux aux acheteurs de publicité. Ensuite, on refile toute la pression aux créateurs qui seront, c’est déjà entendu, les premiers à prendre le bord quand viendra l’heure des bilans forcément négatifs à la publication des cotes d’écoute.
On est passé du «né pour un p’tit pain» au «enwèye mon homme, t’es capable de toutte». Pas sûr que ça soit une si bonne idée que ça…