Les écologistes s’attaquent à l’Office national de l’énergie
Le Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE) veut faire suspendre l’étude du dossier de pipeline Énergie Est, car les documents déposés devant l’Office national de l’énergie (ONÉ) sont unilingues anglais.
Le CQDE plaidera sa cause mardi à Montréal en Cour fédérale. L’organisme demande que le processus préalable aux consultations publiques de l’ONÉ soit suspendu le temps que le rapport du Commissaire aux langues officielles ne soit déposé.
«Le rapport du commissaire aux langues officielles ne sera déposé que fin avril et il sera alors trop tard pour s’inscrire aux consultations», explique Karine Péloffy, DG du CQDE.
Le Commissaire a reçu une demi-douzaine de plaintes de la part de citoyens québécois qui clament que les documents en anglais ne leur permettent pas de se faire une idée du projet de 700km de pipeline qui pourrait traverser leur municipalité, voire leurs terres.
La société TransCanada qui pilote le projet de construction du pipeline a traduit une bonne partie des documents en Français, mais les diffuse uniquement sur son site internet au cas où une erreur de traduction entrainerait des problèmes d’interprétations. «Si la traduction n’est pas assez bonne pour eux, pourquoi le serait-elle pour nous?» plaide Mme Péloffy.
Le CQDE clame que l’ONÉ, en tant qu’organisme fédéral a des obligations en matière de langues officielles. L’ONÉ rétorque que les entreprises qui passent devant l’ONÉ n’ont pas l’obligation de traduire leurs documents et que ce n’est pas la responsabilité de l’Office de le faire.
L’année dernière, le CQDE s’était déjà fait remarquer en obtenant en Cour une injonction pour faire stopper les forages exploratoires de TransCanada à Cacouna dans ce même dossier, afin de protéger les bélugas.