Réception positive des nouvelles règles sur les médicaments génériques
Les réactions des médecins, des pharmaciens et des usagers sont positives à la suite de l’annonce de mesures favorisant l’usage des médicaments génériques faite par le ministre de la Santé Gaétan Barrette jeudi.
À partir du 24 avril, il sera interdit de se faire rembourser un médicament original par la Régie de l’assurance maladie du Québec lorsqu’il en existe un générique. Actuellement, ce remboursement est possible seulement lorsque la prescription du médecin porte la mention «ne pas substituer». Aucune explication n’était toutefois demandée. Cette mention devra désormais être justifiée par des «considérations thérapeutiques reconnues et spécifiques à la condition du patient», comme une allergie ou une intolérance à des composantes du médicament générique.
«Ça va dans le sens des économies que nous avons déjà proposées au ministère pour éviter de toucher aux services», s’est réjoui Pierre Blain, directeur général du Regroupement provincial des comités des usagers (RPCU).
Les médicaments génériques coûtent généralement de 18 à 25% du prix des originaux, estime Jean Thiffault, président de l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP). Les patients qui désireront continuer d’utiliser des médicaments originaux pourront le faire, mais devront payer de leur poche cette différence. Le ministre de la Santé espère ainsi économiser 40M$ par année.
L’Ordre des pharmaciens et l’AQPP ont tenu à rassurer la population face à l’efficacité et la sécurité des médicaments génériques. «Dans les hôpitaux, on utilise presque toujours des médicaments génériques. Ils contiennent les mêmes ingrédients actifs et donnent les mêmes résultats, a souligné Bertrand Bolduc, président de l’Ordre des pharmaciens du Québec. D’autres ingrédients peuvent changer, mais c’est très rare que ça cause un problème pour les patients.»
Une part des médecins inscrivaient-ils donc la note «ne pas substituer» à la légère? «Probablement que certains médecins voulaient satisfaire les habitudes de leurs patients ou doutaient de la qualité des produits génériques. Mais il n’y a pas lieu de le faire», a émis le Dr Charles Bernard, président-directeur général du Collège des médecins.
M. Thiffault s’attend toutefois à ce que ces changements soulèvent beaucoup de questionnements chez les patients et que la transition cause une charge de travail supplémentaire aux pharmaciens. Le réseau FADOQ, un important regroupement de personnes de 50 ans et plus, s’est d’ailleurs inquiété du stress que pourraient causer ces changements de médicaments sur les aînés.