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Loi spéciale: les étudiants sont en colère

Les porte-parole étudiants ont vivement dénoncé l’annonce de la loi spéciale faite par le gouvernement de Jean Charest, mercredi soir.

Colère. C’est le mot qu’ont utilisé tour à tour Martine Desjardins, Léo-Bureau-Blouin, Gabriel Nadeau-Dubois et Jeanne Reynolds, les porte-parole des fédérations et associations étudiantes. Tous ont déploré le fait que le gouvernement impose une loi spéciale plutôt que de négocier avec les étudiants.

Dans un point de presse, la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, a affirmé d’une voix émue que le premier ministre Jean Charest était en train de creuser «un fossé important entre lui et la jeunesse du Québec, en se cachant derrière une loi plutôt que de faire face à ses responsabilités». «Suspendre la session, ce n’est pas suspendre le conflit», a ajouté Léo Bureau-Blouin, président de la Fédération étudiante des cégeps du Québec (FECQ).

Alors que les rumeurs de loi spéciale s’intensifiaient, hier après-midi, le Barreau du Québec a fait savoir qu’il souhaitait que les pourparlers reprennent «et qu’une véritable médiation soit mise en place dans un climat serein et propice au dialogue». Les présidents de la CSN, de la FTQ et de la CSQ ont également déploré le dépôt d’une loi spéciale, mercredi soir. «Nous reprochons au gouvernement libéral de dénier véritablement non seulement la réalité, mais la démocratie, ont fait savoir les leaders syndicaux par communiqué. C’est la démonstration de son incapacité à gérer convenablement une crise sociale.»

Le porte-parole du Mouvement étudiant socialement responsable du Québec, Laurent Proulx, a joint sa voix à celle des carrés rouges en regrettant le fait que le gouvernement n’ait «pas réussi à assumer ses responsabilités». «Ce soir, nous sommes devant… pas grand-chose», a-t-il ajouté.

Tous les porte-parole étudiants, syndicaux et les juristes s’entendent pour dire que cette loi spéciale, même si elle a pour but de calmer le jeu, risque de l’envenimer. «Tout ce qu’on pourrait dire pour calmer les choses est inutile, a avancé d’un air résilient Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de la Coalition large de l’Association syndicale pour une Solidarité étudiante. Parce que le gouvernement a lui-même mis le feu aux poudres.»

Il en a profité pour inciter les étudiants à descendre dans la rue, «tous les jours jusqu’en automne, s’il le faut». Léo Bureau-Blouin a poussé plus loin. Sur un ton grave, il a affirmé : «Si ça dégénère, qu’il y a des morts ou des blessés graves, Jean Charest devra en porter le poids.»

Martine Desjardins estime que le public jugera très sévèrement la ligne dure qu’a imposée Jean Charest. «Les gens vont s’en souvenir lors des prochaines élections. Après tout, notre slogan est bien : “Je me souviens”!»

Proposition rejetée
Le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin, avait soumis une nouvelle contre-proposition au gouvernement du Québec, mercredi. Selon M. Bureau-Blouin, cette contre-proposition aurait été rejetée en raison de la mention du «gel des frais de scolarité», ce qu’il nie complètement. La ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, n’a pas voulu réagir à la contre-proposition. Elle a seulement déclaré avoir remarqué «un durcissement de la position des étudiants».

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