Opération de charme en faveur des sables bitumineux
Une stratégie d’Ottawa et des pétrolières albertaines pour tenter de décourager une réglementation plus sévère des sables bitumineux aux États-Unis et en Europe a été présentée jeudi dans un rapport du Réseau Action Climat. «Un lobbying intensif, une pression sournoise et des campagnes de relations publiques ont été utilisés afin de s’en prendre à un certain nombre de politiques», peut-on lire dans le rapport constitué de documents obtenus grâce à la Loi sur l’accès à l’information.
Il y est notamment question de la Directive de l’Union européenne sur la qualité des carburants, qui classerait le pétrole issu des sables bitumineux dans une catégorie très polluante. À la suite de pressions du Canada, plusieurs pays ont opposé leur veto au projet, forçant le report du vote. «Ce rapport montre très bien que le gouvernement Harper est à 100 % derrière l’industrie des sables bitumineux, au détriment de la démocratie et de ses relations avec ses alliés internationaux», a déclaré Steven Guilbeault, porte-parole de l’organisme Équiterre.
Pierre-André Gagnon, spécialiste de la politique environnementale des États-Unis à la Chaire Raoul-Dandurand, croit que l’attitude d’Ottawa nuit à la réputation du pays. «L’image du Canada se dégrade à cause de sa politique environnementale. Ça faisait d’ailleurs partie des raisons invoquées lorsqu’on lui a refusé un siège au Conseil de sécurité en octobre dernier», a-t-il rappelé.
De son côté, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Caitlin Workman, a dit être au courant du rapport publié hier, mais ne l’a pas commenté. Elle s’est contentée d’assurer que le gouvernement va «continuer de promouvoir les sables bitumineux du Canada, car ils sont la clé de la prospérité économique et de la sécurité énergétique» du pays.