Air Canada: la ministre Raitt veut empêcher toute interruption des activités
Il n’y aura pas d’interruption des vols d’Air Canada pour le moment: la
ministre fédérale du Travail, Lisa Raitt, s’interpose dans le conflit de
travail qui sévit chez le transporteur aérien.
Elle a annoncé jeudi avoir transmis le litige visant les pilotes ainsi
que celui impliquant les machinistes et les bagagistes au Conseil
canadien des relations industrielles.
Le geste de la ministre a pour effet d’empêcher le déclenchement d’une
grève ou d’un lock-out tant et aussi longtemps que le Conseil étudie le
dossier.
« J’ai demandé au Conseil canadien des relations industrielles d’évaluer
les faits de ces deux dossiers pour déterminer si un arrêt de travail
chez Air Canada va avoir un effet sur la santé et la sécurité des
Canadiens en général », a expliqué la ministre, qui a souligné qu’il
allait y avoir un fort achalandage au cours des prochaines semaines en
raison des relâches scolaires un peu partout au pays.
Elle se défend d’agir ainsi pour gagner du temps, mais avoue ne pas
savoir combien de jours pourraient s’écouler avant qu’une décision ne
soit rendue.
« Considérant l’état fragile de l’économie, un arrêt de travail est
inacceptable », a insisté Mme Raitt.
Le transporteur avait menacé plus tôt jeudi d’imposer un lock-out à ses
pilotes à compter de lundi prochain, après avoir présenté sa « dernière
et meilleure » offre aux syndiqués.
Air Canada a établi une échéance de minuit et une, lundi matin, soit le
même échéancier que la grève annoncée par le plus important syndicat du
transporteur, qui représente celui-là ses 8600 mécaniciens, bagagistes
et agents de fret.
Le vice-président exécutif et directeur des opérations du transporteur,
Duncan Dee, a expliqué que l’entreprise se doit de mettre fin au climat
d’incertitude qui nuit à ses clients, déstabilise la compagnie et porte
atteinte à la réputation d’Air Canada.
Mme Raitt s’est dit très déçue de constater que les parties présentes à
la table de négociation n’aient pu trouver un terrain d’entente.
Le Nouveau Parti démocratique (NPD) a immédiatement dénoncé
l’intervention de la ministre. Il souhaite que le gouvernement laisse
les parties négocier librement.
Les pilotes d’Air Canada ont déclenché la grève pour la dernière fois en
1998, lors d’un conflit qui avait duré environ deux semaines.
La ministre Raitt surveillait de près les négociations avec les deux
syndicats. Dans le passé, elle est intervenue rapidement dans les
conflits de travail du plus important transporteur aérien du pays.
La menace d’un lock-out survient un mois seulement après l’ouverture de
ce qui devait être une médiation de six mois entre le transporteur et
ses 3100 pilotes. Une médiation précédente, d’une durée de deux mois,
n’avait pas réussi à rapprocher les parties. Les pilotes ont voté à 97
pour cent en faveur d’un mandat de grève le mois dernier.
L’offre présentée jeudi par Air Canada comprend des augmentations
salariales de 2,0 pour cent pour les trois premières années, et de 3,0
pour cent pour les deux dernières. L’entente prévoit également une
accélération des gains admissibles à la retraite, plus tôt pendant la
carrière d’un pilote.
Le syndicat des pilotes affirme que son dernier contrat de travail s’est
traduit par un gel des salaires pendant plus de deux ans, en plus de
permettre au transporteur d’économiser des centaines de millions de
dollars relativement à ses obligations face au régime de retraite.