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Génocide: un Rwandais qui vit au Canada accusé

OTTAWA – Jacques Mungwarere, un Rwandais qui vit au Canada, a plaidé, lundi, non coupable à des accusations d’avoir participé au génocide contre la minorité tutsie qui a eu lieu dans son pays en 1994.

Le juge Michel Charbonneau, de la Cour supérieure de l’Ontario, devra déterminer si l’homme est bel et bien le meurtrier tuant même les enfants qu’a dépeint la Couronne ou une simple victime de calculs politiques, tel que plaidé par la défense.

Le Rwandais de 40 ans, qui enseignait les arts au secondaire dans son pays natal, est arrivé au Canada en 2000. Il a été arrêté en 2009 à Windsor, en Ontario, dans le cadre d’une enquête de la Gendarmerie royale du Canada amorcée il y a six ans.

Le procès devrait durer plusieurs mois, alors que les détails de l’enquête seront dévoilés en cour et que les témoins, provenant de différents endroits, comparaîtront en personne ou par retransmission vidéo.

M. Mungwarere s’est déjà prononcé contre un procès avec jury.

Pas moins de 800 000 Rwandais, pour la plupart des Tutsis, ont été massacrés par la majorité Hutu du pays pendant le génocide, et certaines journées horribles de 1994 ont été décrites dans la salle d’audience, lundi.

L’accusé, qui vit au Canada avec sa femme et ses deux enfants, est accusé d’avoir participé au massacre de Tutsis dans un hôpital régional, et d’avoir pourchassé inlassablement des Tutsis qui tentaient de fuir vers la campagne.

Le procureur de la Couronne Luc Boucher a soutenu que l’un des témoins — qui sera appelé à la barre —, viendra raconter comment il avait été forcé d’abandonner un bébé pour poursuivre sa route à pied, un enfant que M. Mungwarere aurait par la suite abattu d’une balle dans la tête.

«Aucun discernement ne se faisait entre enfants, femmes et hommes pendant les massacres. Ils ne faisaient pas de distinction», soutenu Me Boucher.

La défense prévoit plaider que le dossier contre M. Mungwarere a été fabriqué de toutes pièces par des Rwandais qui ont leur propre objectif.

Me Marc Nerenberg a affirmé que l’étiquette de présumé meurtrier avait été accolée à son client trois semaines après qu’il eut accepté de témoigner pour la défense dans un procès d’un autre Rwandais, aux États-Unis.

«Il était là mais n’a pas participé au génocide en aucune façon», a-t-il déclaré.

M. Mungwarere n’est que la deuxième personne à être accusée en vertu de la Loi canadienne sur les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre.

La première avait été Désiré Munyaneza, reconnu coupable et condamné à la prison à vie en 2009, sans pouvoir demander de libération conditionnelle d’ici 25 ans.

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