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12 raisons pour lesquelles on voudrait fuir une conversation sur Internet

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Vous est-il déjà arrivé de vouloir subitement mettre fin à une conversation sur les réseaux sociaux et de vous faire répondre : «C’est ça, hein, t’es bouché!», «Tu n’as plus d’arguments» ou encore «CHICKEN! Poc poc poc!» C’est fâchant parce que c’est rarement le cas, et bien que la tête convainque l’égo que ce n’est pas le cas, l’égo, lui, quitte le fil de discussion en ruminant, frustré et peu convaincu.

 

Par ailleurs, généralement, quand on a envie de quitter une conversation, on a rarement envie d’expliquer pourquoi on a envie de quitter la conversation puisqu’on sait pertinemment qu’on s’enlignerait alors sur une autre conversation interminable sur les raisons pour lesquelles on veut quitter la conversation, ce qui ne manquerait pas, évidemment, de s’ajouter aux raisons pour lesquelles on voulait quitter la conversation en premier lieux. Les conversations interminables sur les réseaux sont comme les relations amoureuses qui tournent mal : il est préférable de partir sans dire un mot.

 

Pour régler le problème d’égo, toutefois, j’ai mis par écrit une liste des raisons que vous pourriez invoquer pour quitter une conversation. Cette liste, gardez-la dans vos favoris et assénez-la comme coup final à un interlocuteur qui se fait trop insistant, à un redoutable chevalier du combat rhétorique, au justicier qui manie le 140 caractères comme d’autres manient le volant, c’est-à-dire rageusement.

 

Raison no. 1. Vous jugez soudainement que votre interlocuteur n’est pas digne d’intérêt

 

Après avoir consacré près de trois heures à un fanfaron du nom de @tigrou666, vous réalisez que vous ne devez absolument rien à cet illustre inconnu. La vie est courte et vous avez certainement mieux à faire que de consacrer temps et énergie à des individus qui n’en valent pas la peine. S’ajoute aussi à cette raison : vous venez d’apprendre que votre interlocuteur est sur la liste des délinquants sexuels dangereux.

 

Raison no. 2. Vous avez d’autres chats à fouetter

 

Il n’y a que 24 heures dans une journée et, entre le travail, les enfants qu’il faut aller chercher à la garderie et votre imposante liste de choses à faire, vous manquez de temps pour terminer votre argumentation sur le bienfondé de l’existence des CPE.

 

Raison no. 3. Vous pensez que cette querelle aurait beaucoup plus de chances de se régler autour d’un café

 

Soyons honnête, aucun débat n’a véritablement le potentiel de se résoudre en 140 caractères, même à coup d’émoticônes clin d’œil. C’est à se demander si régler le conflit fait même seulement partie des objectifs réels d’un tel affrontement. Vous pourriez inviter votre interlocuteur à régler ça autour d’un bon café, mais honnêtement, l’idée de passer une heure chez Starbuck’s avec @papapoilu69 vous laisse de glace (cf. Raison no. 1).

 

Raison no. 4. Vous doutez des capacités de votre adversaire à comprendre votre argumentation

 

On ne peut pas débattre sereinement avec quelqu’un qui, alors que vous parlez des pommes, pense que vous parlez des poires. De même, il n’y a rien de bon à tirer d’une conversation dans laquelle vous constatez que votre interlocuteur s’avance sur des concepts qu’il ne maîtrise visiblement pas. Certains croient vraiment qu’ils pourraient convaincre Hubert Reeves que les changements climatiques sont un mythe parce que l’hiver a été rigoureux. Vaut mieux simplement fuir.

 

Par ailleurs, avec tout le respect que méritent ceux qui éprouvent des difficultés de lecture et d’écriture sans que ça ne soit de leur faute, le fait de mal maîtriser la ponctuation ou de confondre les homophones peut constituer une importante barrière à la compréhension mutuelle et il serait préférable d’utiliser un autre médium que l’écrit (voir raison no. 3) pour jaser.

 

Parfois, c’est seulement que votre interlocuteur est de mauvaise foi.

 

Raison no. 5. Vous êtes réellement bouché

 

En réalité, votre interlocuteur a raison : vous êtes bouché, vous n’avez plus d’arguments, vous êtes incapable d’admettre que l’autre a raison. Et honnêtement, vous vous en foutez. À un moment donné, il faut être capable de décrocher. Mais vous n’aurez tout de même pas la maturité de lui faire le plaisir de lui concéder la victoire.

 

Raison no. 6. Vous avez perdu intérêt

 

L’expression «de guerre lasse» a probablement été inventée par anticipation de l’arrivée de Twitter. C’est normal de perdre intérêt à une conversation. Surtout si celle-ci dure depuis trois heures, et que les autres conditions précitées sont réunies.

 

Raison no. 7. Votre mère vient d’appeler : «Grand-maman est à l’hôpital!»

 

Que ce soit vrai ou non, vous pouvez toujours dire à votre interlocuteur que vous devez quitter pour cause d’urgence familiale. C’est pas comme s’il allait vous demander un billet du médecin. Le temps que votre «urgence» soit résolue, votre interlocuteur devrait être descendu de ses grands chevaux et être passé à autre chose. On lui souhaite.

 

Raison no. 8. Votre interlocuteur est violent

 

Votre interlocuteur fait fi des règles élémentaires du respect, il vous attaque personnellement, vous crie des noms, fait des menaces, vous informe qu’il connaît votre adresse? Partez l’âme en paix. Ne l’informez pas de vos démarches auprès des autorités.

 

S’ajoute aussi à cette catégorie : vous venez d’apprendre que votre interlocuteur est sur la liste des délinquants sexuels dangereux.

S’ajoute aussi à cette catégorie l’interlocuteur harcelant, qui ne décroche pas après douze heures, qui fait des dessins de vous, qui interpelle les médias. Dude, décroche.

 

Raison no. 9. Vous avez mieux à faire

S’il est permis, après quelques heures de débats intensifs, d’estimer que votre interlocuteur n’a franchement pas de vie pour passer tant de temps devant un écran, il peut être tout à fait valorisant de constater que vous, en revanche, en avez une palpitante. Quittez cet écran, Osheaga vous appelle!

 

Raison no. 10. Vous observez religieusement votre politique «pas d’écrans au lit»

 

Il est connu que l’utilisation d’écrans au lit, en plus d’avoir un impact négatif sur la vie sexuelle, a un effet considérable sur l’insomnie. Ne faites pas de compromis et éteignez avant de vous coucher.

 

Raison no. 11. Votre politique «don’t feed the trolls» est aussi rigide

 

Les trolls s’alimentent de façon malsaine de votre colère. Par égard pour LEUR santé, vous observez un règlement strict qui consiste à ne pas les nourrir.

Raison no. 12. Vous avez la lucide impression que cette discussion est insoluble

 

Toutes les raisons invoquées ci-haut pourraient facilement se résumer à cette unique excuse : s’obstiner en 140 caractères a rarement élevé l’humanité. Mieux que ça : vous en êtes venu à la conclusion que l’humanité se portera mieux si vous mettez fin à cette rivalité futile. Faites.

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