Harper défend son approche face au Sénat
NEWMARKET, Ont. — Stephen Harper a défendu son approche vis-à-vis les controverses du Sénat jeudi, affirmant que son parti avait agi en évinçant de son équipe les membres discutables de la chambre haute.
En réponse à une question sur le leadership, M. Harper a dit que les sénateurs nommés par différents premiers ministres au cours des années s’étaient heurtés à des difficultés parce que le Sénat est une institution qui n’est pas redevable.
Selon M. Harper, la différence est que les conservateurs se sont assuré qu’il y ait une reddition de comptes.
«Nous avons le droit de nous attendre à mieux. J’ai le droit de m’attendre à mieux», a-t-il affirmé, alors qu’il était de passage à Newmarket, au nord de Toronto.
Il s’en est aussi pris au sénateur Mike Duffy, qui subit son procès criminel à Ottawa.
«Il y a une personne en procès, et cette personne est le sénateur Duffy parce que M. Duffy a pris l’argent des contribuables et que j’étais d’avis, dès le début, qu’il ne devait pas le prendre et je le lui ai dit.»
«Je lui ai dit de rembourser et il n’a pas remboursé. (…) La raison pour laquelle il n’a pas remboursé est que M. Wright a décidé de payer pour lui.»
M. Harper a affirmé que M. Wright avait remboursé les contribuables.
«Il faut lui concéder cela», a-t-il commenté, avec la réserve suivante: «Il a aussi agi contrairement à mes souhaits et a permis à M. Duffy de garder l’argent qu’il a toujours en ce moment.»
Ray Novak ne devrait pas être la prochaine victime collatérale de l’affaire Duffy. L’actuel bras droit du premier ministre a toujours sa confiance, malgré les preuves récentes suggérant qu’il était au courant de l’existence du chèque de 90 000 $ offert par son prédécesseur, Nigel Wright, au sénateur Duffy.
À Newmarket, en Ontario, M. Harper a promis qu’il allait hausser les crédits d’impôts pour les frais d’adoption et rendre ces crédits remboursables. Se posant comme ses adversaires en champion des valeurs familiales, il a affirmé qu’il n’y avait pas «de tâche plus noble que celle d’élever un enfant». Cette mesure coûterait environ 4 millions $ par année au gouvernement.
Le crédit est actuellement de 15 pour cent, non remboursable, et vise à aider les parents à réduire les coûts reliés à l’adoption, ce qui leur permet de recevoir environ 2250 $. M. Harper veut augmenter sa valeur jusqu’à un maximum de 20 000 $, ce qui ajouterait 750 $ au crédit d’impôt d’origine.
Ce montant couvrirait partiellement et, dans certains cas, entièrement les frais encourus lors d’adoptions à l’international ou au Canada.
Le Conseil d’adoption du Canada estime que les adoptions à l’étranger peuvent coûter jusqu’à 30 000 $, alors que parents qui souhaiteraient adopter un enfant dans une famille d’accueil au Canada peuvent payer moins de 3000 $.
Selon la présidente du conseil, Laura Eggertson, le nombre d’adoptions à l’international a diminué dans les dernières années puisque les autres pays ferment de plus en plus leurs frontières aux parents étrangers et que le Canada lui-même accepte moins les enfants provenant de pays avec des pratiques jugées suspectes.
Au Canada, il y a environ 30 000 enfants qui sont en attente pour être accueillis dans des familles, et environ 2000 à 2500 d’entre eux sont adoptés chaque année.
La promesse de M. Harper aidera ainsi les parents qui souhaitent se tourner vers l’étranger, mais moins ceux qui adoptent au Canada. Ce n’est pas le coût qui dissuade les parents d’adopter au pays, mais bien le manque de soutien après coup, selon Mme Eggertson.
«Ce n’est pas que nous ne sommes pas contents (…) mais ce n’est pas la chose importante qui incitera (les parents) à adopter dans le système de placement familial au Canada», a-t-elle expliqué.
Il reste que peu de parents canadiens ont bénéficié du crédit d’impôt dans les dernières années. Selon l’Agence de revenu du Canada, en 2012, seulement 2220 personnes ont réclamé le crédit dans leur déclaration de revenus.