Trudeau propose une entente en santé avec les provinces
MONTRÉAL — S’il remporte les élections, le chef du Parti libéral du Canada (PLC), Justin Trudeau, s’engage à négocier avec les provinces une entente à long terme concernant le financement des soins de santé qui tiendra compte de la hausse des coûts de santé et du vieillissement de la population.
Dans une lettre ouverte adressée au premier ministre du Québec, Philippe Couillard, et publiée samedi, M. Trudeau se dit aussi ouvert à «entamer un dialogue» sur la question de la péréquation, prévenant toutefois que toute décision à ce chapitre dépendra du cadre fiscal, et réitère le droit des gouvernements provinciaux de se retirer des programmes avec pleine compensation, un droit qu’il estime être un principe bien établi au sein du fédéralisme canadien.
Justin Trudeau est le premier à répondre à une missive envoyée le 14 août par M. Couillard aux leaders des partis fédéraux dans laquelle il leur demande un «engagement clair» pour un certain nombre de dossiers. Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, prévoit répondre au premier ministre québécois au cours des prochains jours alors que le leader conservateur, Stephen Harper, n’a pas encore annoncé ses intentions.
«Les défis auxquels nous faisons face ne peuvent être résolus uniquement à partir d’Ottawa. Ils exigent un vrai partenariat entre le gouvernement fédéral et les provinces », affirme d’emblée M. Trudeau dans sa lettre, avant de promettre d’instaurer une rencontre annuelle entre le fédéral, les provinces et les territoires si le PLC est porté au pouvoir.
Sur le plan économique, Justin Trudeau dit vouloir stimuler l’économie en effectuant des «investissements substantiels» en infrastructures, sans toutefois préciser si la Stratégie maritime et le Plan Nord mentionnés dans la lettre de Philippe Couillard font partie des projets qui bénéficieraient de la manne fédérale. Le chef du PLC assure également qu’il protégera la gestion de l’offre advenant la conclusion d’un accord multilatéral de libre-échange avec les pays du Pacifique.
Pour ce qui est des changements climatiques, Justin Trudeau soutient que, s’il est élu à la tête du Canada le 19 octobre, il se rendra à la Conférence de Paris des Nations unies en compagnie de tous ses homologues provinciaux et territoriaux. Il s’engage aussi à tenir une rencontre nationale sur la réduction des émissions de carbone et à investir dans les technologies vertes.
Le chef libéral ne souffle pas mot au sujet du péage pour le pont Champlain, auquel le gouvernement libéral de Philippe Couillard s’oppose et qui figure dans la lettre du premier ministre québécois. Il propose par contre d’amender la loi C-51 «de manière à assurer le respect des droits et libertés des Canadiens et de mieux encadrer les nouveaux pouvoirs dévolus aux forces de l’ordre», un engagement qui va dans le sens des demandes de Québec dans ce domaine.
Enfin, M. Trudeau répète sa promesse de rétablir le financement de Radio-Canada et de faire en sorte que le processus de nomination des juges à la Cour suprême «soit plus transparent, plus respectueux des provinces», en plus de garantir «que les candidats retenus puissent travailler dans les deux langues officielles».
Le cabinet de M. Couillard a pris acte de la réponse de M. Trudeau.