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Pensions du fédéral: Duceppe compte se battre

Bloc Quebecois Leader Gilles Duceppe speaks to the media about the Pacific Rim deal in Montreal, Wednesday, October 7, 2015.THE CANADIAN PRESS/Peter McCabe Photo: Peter McCabe / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Le Bloc québécois se battra pour que la formule d’indexation des pensions de retraite fédérales soit corrigée, a promis mercredi Gilles Duceppe.

Le chef bloquiste a profité d’un débat dans la circonscription montréalaise de Laurier—Sainte-Marie pour ramener sur le tapis l’une des conclusions du rapport D’Amours, qui avait été déposé en 2013 à l’Assemblée nationale du Québec.

Selon cette analyse, «les programmes fédéraux de la Pension de la sécurité de la vieillesse et du Supplément de revenu garanti ne remplaceront plus que 13 pour cent du salaire» par rapport à 25 pour cent pour le Régime de rentes du Québec (RRQ).

Ainsi, une personne dont le salaire annuel était de 40 000 $ qui prendrait sa retraite en 2052 recevrait 5200 $ du fédéral comparativement à 10 400 $ en 2012, a illustré M. Duceppe dans sa déclaration d’ouverture, mercredi.

Il s’agit là d’un «scandale silencieux» dont personne ne parle à Ottawa, a-t-il pesté.

«Ce qu’on voit, c’est que le gouvernement rembourse sa dette sur le dos des personnes qui vont prendre leur retraite, un gouvernement qui va jeter de nombreux travailleurs de la classe moyenne dans la pauvreté ni plus ni moins», a regretté le chef bloquiste.

La candidate du Nouveau Parti démocratique (NPD), Hélène Laverdière, qui avait causé la surprise en ravissant à Gilles Duceppe son siège aux Communes aux dernières élections de 2011, n’a pas osé dire si son parti pourrait s’engager à corriger la formule d’indexation fédérale.

«Ce sont des données qu’il faudra vérifier. (…) Il faudrait que je voie les chiffres en détail. Il est difficile pour moi dans les circonstances de prendre position là-dessus», a-t-elle commenté à l’issue de la joute oratoire.

«C’est possible que le NPD en ait parlé mais que moi, je ne sois pas au courant», a précisé Mme Laverdière, qui était la porte-parole de son parti en matière de développement international.

Par contre, les néo-démocrates ont promis de bonifier le Supplément de revenu garanti en y injectant 400 millions $, a-t-elle souligné.

Le chef Thomas Mulcair s’est aussi engagé à convoquer les premiers ministres provinciaux dans les six premier mois d’un mandat du NPD pour discuter de la question des régimes de retraite.

Niqab et fonction publique

Le chef Duceppe a de nouveau été invité, mercredi, à se prononcer sur la question du niqab, qui ne semble pas encore tout à fait vidée à moins de deux semaines du scrutin.

L’enjeu est revenu dans l’actualité à la suite d’une déclaration de Stephen Harper qui a fait grand bruit dans les médias anglophones.

Dans une entrevue diffusée mardi soir à la CBC, le chef conservateur a réitéré qu’il étudierait la possibilité d’interdire le niqab dans la fonction publique comme il veut le faire pour les cérémonies de citoyenneté.

Il avait déjà fait une telle affirmation lors du débat des chefs de TVA, vendredi dernier, mais cette nouvelle sortie en anglais a ravivé le débat.

M. Duceppe ne croit clairement pas à une soudaine conversion de Stephen Harper.

Le chef du Bloc québécois a accusé le premier ministre sortant de faire preuve d’hypocrisie en laissant entendre qu’il pourrait légiférer sur cette question.

«C’est de l’opportunisme pur et total», a-t-il lâché en point de presse dans son local électoral, mercredi.

«M. Harper est toujours ouvert en période électorale, et quand il est majoritaire (à la Chambre des communes), il ne fait strictement rien», a poursuivi le leader bloquiste.

Sur cette question, le chef conservateur semble en rupture avec au moins un poids lourd, voire deux, de son gouvernement.

En mars dernier, le président du Conseil du trésor, Tony Clement, disait trouver acceptable que les fonctionnaires livrent des services gouvernementaux avec ce voile qui cache tout le visage sauf les yeux.

«Si un individu peut faire le travail, c’est ça le critère», plaidait alors M. Clement, qui n’a pas donné suite aux demandes d’entrevue de La Presse Canadienne, mercredi.

Par ailleurs, à l’époque où il était ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme, Jason Kenney avait affirmé qu’il ne revenait pas au gouvernement de dire aux citoyens comment se vêtir.

«Mon point de vue personnel, qui s’apparente à un genre de libéralisme britannique, est que le gouvernement ne devrait pas dire aux gens ce qu’ils doivent porter ou ne pas porter», avait-il dit en entrevue à la chaîne télévisée ontarienne TVO en 2009.

De son côté, le chef libéral Justin Trudeau a de nouveau reproché au chef conservateur de chercher à éveiller la peur et à créer de la division.

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