«Les Canadiens ont choisi le changement, un vrai changement»
Après dix ans sur les banquettes de l’opposition, le Parti libéral du Canada (PLC) retrouve le pouvoir.
Au terme de la plus longue campagne électorale de l’histoire, pas moins 173 candidats libéraux ont obtenu la faveur de l’électorat canadien au moment de mettre en ligne et une dizaine d’autres étaient en voie de l’emporter. Ils sont assez nombreux pour permettre à leur chef, Justin Trudeau, d’emménager de nouveau au 24, promenade Sussex, à Ottawa – il y est né en 1971 –, et de former un gouvernement majoritaire. Les libéraux auront les coudés franches devant les conservateurs qui auront le rôle d’opposition officielle.
«Les Canadiens ont choisi le changement, un vrai changement», a déclaré lundi soir le premier ministre désigné à la centaine de militants réunis à l’hôtel Reine-Elizabeth. Il a attribué la victoire de son parti à la campagne positive ainsi qu’à l’équipe de militants tissée serré.
M. Trudeau a remercié sa famille pour son soutien et les militants libéraux pour leur travail. Il a souligné le dévouement du premier ministre Stephen Harper et de ses députés conservateurs au cours des neuf dernières années, précisant qu’ils «ne sont pas nos ennemis, mais nos voisins».
«Je serai le premier ministre de tous les Canadiens», a déclaré le fils de l’ancien premier ministre Pierre Elliott Trudeau. Il a dit souhaiter mettre en place un gouvernement qui collaborerait avec les partis d’opposition et les provinces, qui respecteraient les institutions et ferait preuve de transparence.
«Ce soir, le Canadien retrouve un peu de lui. Ce soir, le Québec fait un retour au gouvernement du Canada», a dit Justin Trudeau, devant une foule en délire. Il a souhaité gouverner dans un Canada uni dans la diversité.
Sur l’île de Montréal, le PLC a remporté la majorité des circonscriptions. Dans Rosemont-La Petite-Patrie, Laurier-Sainte-Marie et Outremont, les candidats néo-démocrates ont bataillé fort devant les libéraux ainsi que dans Pointe-de-l’île où le bloquiste Mario Beaulieu qui a résisté à la vague rouge.
C’est une remontée spectaculaire que le PLC a réalisé au cours des dernières années. Ils occupaient la place de deuxième parti d’opposition depuis le scrutin de 2011 et, au moment du déclenchement des élections, le 2 août dernier, il était positionné au troisième rang dans les sondages.
Le chef Trudeau a multiplié les poignées de main et les égoportraits au cours des derniers mois. Il a su éviter les pièges dans le débat entourant le niqab, contrairement à son adversaire, Thomas Mulcair, mais il a dû composer avec les publicités négatives des conservateurs et la controverse entourant le coprésident de sa campagne, Dan Gagnier. Ce dernier a écrit la semaine dernière aux dirigeants de TransCanada pour les conseiller sur la stratégie à adopter au lendemain des élections fédérales pour promouvoir leurs projets de pipeline Énergie Est et Keystone XL.
Justin Trudeau, 43 ans, a réussi là où les deux derniers chefs du parti libéral, Michael Ignatieff et Stéphane Dion, ont échoué. Il a mis un terme au règne des conservateurs, qui détenaient le pouvoir depuis 2006. Avec leur chef, Stephen Harper, ils avaient alors délogé Paul Martin, dont le gouvernement minoritaire avait été ennuyé par la commission Gomery qui tentait de faire la lumière sur le scandale des commandites.





