Un transporteur aérien balte mise sur la CSeries
AirBaltic devient la première compagnie aérienne dont la flotte sera uniquement constituée d’avions Bombardier. Avec la commande de 506 M $US pour sept appareils supplémentaires, l’entreprise lettone devient aussi le premier exploitant des CS300 dans le monde.
Cette transaction porte le total des commandes fermes d’airBaltic à 20 avions CS300, à la suite de la conversion de trois options d’achat.
Le PDG d’airBaltic, Martin Gauss, a estimé que cette flotte «améliorera substantiellement la connectivité entre la région balte avec l’Europe de l’Ouest et les marchés de l’Est – ce qui contribuera à créer de l’emploi».
Le transporteur aérien, basé dans la capitale Riga, prendra livraison des appareils, qui s’ajouteront à ses douze Q400 de Bombardier, pendant la seconde moitié de 2016.
«Le plus important, commercialement parlant, c’est l’effet psychologique de ces ventes sur les autres compagnies aériennes et le secteur, précise Mehran Ebrahimi, directeur du groupe d’étude en management des entreprises de l’aéronautique à l’UQÀM. Le choix d’airBaltic aura un effet bénéfique sur les compagnies aériennes qui sont en période de réflexion ou de prises de commandes.»
Soutien
Pour que les commandes d’avions CSeries décollent, le professeur Ebrahimi estime qu’il est essentiel que le Québec projette une image compétitive de Bombardier au reste du monde. Pour lui, la qualité des CSeries est incontestable, puisqu’ils ont «une génération d’avance en terme de coûts d’exploitation, consommation et avancées technologiques».
«Il y a eu énormément d’hésitations sur la place publique à propos de l’aide apportée par les gouvernements, explique-t-il. Or, les compagnies aériennes qui vont acheter sont sensibles à la pérennité de l’entreprise et ce soutien de l’État.»
Chacun des avionneurs à travers le monde bénéficie d’aide gouvernementale. «Si on veut un secteur aéronautique, ça va avec», ajoute M. Ebrahimi.
Même si Québec a promis 1 G$ US, c’est un montant nettement inférieur à ce qui se fait ailleurs. De son côté, Ottawa tergiverse toujours. «Non seulement on n’a pas aidé Bombardier, mais on a détérioré son image», conclut M. Ebrahimi.
Le titre de Bombardier a grimpé de 6,30 % pour atteindre 1,35 $ à la Bourse de Toronto mardi, en fin d’après-midi, à la suite de l’annonce d’airBaltic.