Politique

Débat des chefs: «on ne se fera pas donner de leçons», dit François Legault

François Legault
Le premier ministre du Québec, François Legault Photo: Josie Desmarais/Métro

Le premier ministre du Québec, François Legault, a été piqué au vif par la tournure du débat des chefs en anglais entre les partis fédéraux, tenu hier. Il réfute les allégations de racisme lancés à l’endroit de son gouvernement.

La Loi 21 et le projet de loi 96 ont été visés par plusieurs chefs fédéraux hier, ainsi que par les animateurs du débat. La toute première question visant le chef bloquiste Yves-François Blanchet lui demandait pourquoi il défendait des lois discriminatoires.

Prétendre que défendre le français est raciste, c’est ridicule. Ce n’est pas vrai qu’on se fera donner des leçons par personne. Quoiqu’en dise Ottawa, le Québec est une nation libre de défendre sa langue, ses valeurs.

François Legault, premier ministre du Québec

François Legault estime qu’il est inacceptable d’avoir une «question dirigée» de ce type venant de la modératrice principale du débat des chefs, Shachi Kurl. Il réclame des excuses de la part de la Commission des débats des chefs

Plus tôt aujourd’hui, le chef libéral Justin Trudeau a aussi affirmé que les propos sur la Loi 21 et le projet de loi 96 étaient «insultants» pour les Québécois.

Une admission arrivée trop tardivement, selon M. Legault. «J’aurais aimé voir les autres chefs se lever pendant le débat», a-t-il dit vendredi.

Deux lois controversées

Rappelons que la Loi 21 vise la laïcité de l’État québécois. Certaines de ses dispositions sont toutefois décriées par de nombreux groupes. Notamment l’interdiction du port de symboles religieux, comme le voile islamique, par des enseignants et enseignantes.

Le projet de loi 96 est présenté comme outil pour freiner le déclin du français. Il imposerait de nouvelles restrictions pour l’accès aux cégeps anglophones pour les étudiants francophones et allophones. Il étendrait aussi la Charte de la langue française aux entreprises de compétence fédérale. La Commission scolaire English-Montreal a toutefois déposé un recours pour s’opposer à ce projet de loi, tout en niant l’existence de la nation québécoise.

Nouvel appui au Parti conservateur

M. Legault a profité de sa sortie de vendredi pour réitérer sa préférence pour un gouvernement conservateur minoritaire et ses craintes concertant les trois autres partis fédéralistes. Ceux-ci laissent planer un flou sur une contestation des deux lois mentionnées, ou encore promettent expressément de s’y opposer.

«La nation québécoise est attaquée dans ses compétences. […] Je pense que le moins qu’on puisse s’attendre du premier ministre du Québec, c’est qu’il dise que c’est inacceptable», lance M. Legault.

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