Politique

François Legault préfère les conservateurs, met en garde contre Trudeau

Conférence de presse de Legault
Photo: Josie Desmarais/Métro

Le premier ministre du Québec François Legault s’est montré favorable au Parti conservateur d’Erin O’Toole jeudi, dans le cas d’un gouvernement conservateur minoritaire. Le premier ministre s’est même dit «inquiet» des positions des trois autres partis fédéralistes sur les pouvoirs du Québec, notamment sur la loi 21.

Je suis nationaliste, moi je veux que le Québec soit plus autonome, avec plus de pouvoir et il y a trois partis, le Parti vert, le Parti libéral et le NPD qui demandent moins d’autonomie, moi je trouve ça inquiétant.

François Legault, premier ministre du Québec

Au sujet de la loi 21, M. Legault a critiqué la position de M. Trudeau, laquelle «n’exclut pas de participer à une contestation sur la loi 21». À l’inverse, les conservateurs se sont montrés plutôt conciliants sur cette loi phare du gouvernement du Québec qui vise à interdire le port de signes religieux pour les employés de l’État.

«M. O’Toole s’est engagé à ne pas contester la loi 21 et à respecter les pouvoirs [du Québec]. Pour la nation québécoise, c’est une bonne approche», dit-il. De plus, pour le premier ministre, récupérer des pouvoirs du fédéral pour le Québec serait «plus facile avec M. O’Toole qu’avec M. Trudeau». Le premier ministre a également souligné que le candidat conservateur est «le seul à vouloir financer 40% du troisième lien», qui relierait Québec et Lévis.

Le premier ministre a également critiqué l’ingérence des libéraux et l’intention de Justin Trudeau de s’immiscer dans les pouvoirs du Québec en matière de santé. M. Legault affirme que le premier ministre libéral «veut se mêler de santé et ne veut pas nous donner plus de pouvoir en immigration». À propos de la position des conservateurs en la matière, François Legault a néanmoins qualifié «d’insuffisant» le montant de 3,6 M$ sur cinq ans prévu dans l’enveloppe conservatrice.

Garderies: «M. O’Toole doit s’expliquer»

Une ombre au tableau conservateur demeure pour le premier ministre du Québec, sur le sujet des 6 G$ dont serait privée la province pour les garderies.

Le Parti conservateur, s’il était élu, ferait une croix sur le programme fédéral de garderies, qui comprend le versement sans condition de 6 G$ au Québec, qui a déjà son propre réseau de centres de la petite enfance (CPE). Avec les conservateurs, seule la première année devrait être payée au Québec, soit environ 600 millions de dollars. Le plan conservateur comprend plutôt un crédit d’impôt de 75% sur les frais de garde d’enfants, pour un total d’un peu plus de 2,6 G$ sur cinq ans pour l’ensemble du pays.

La mesure a été confirmée dans le plan financier présenté par le parti quelques heures seulement avant le débat des chefs de mercredi.

Le premier ministre presse le candidat conservateur à s’expliquer. «M. O’Toole sembler vouloir annuler cette entente-là […] M. O’Toole doit s’expliquer.»

L’histoire du financement des garderies suit Erin O’Toole depuis le tout premier débat, qui a eu lieu le 2 septembre.

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