Politique

90 M$ pour lutter contre les armes à feu

La ministre de la sécurité publique, Geneviève Guilbault, lors d'une annonce sur le contrôle des armes à feu.
Geneviève Guilbault, ministre de la sécurité publique. Photo: Josie Desmarais/Métro

Québec lance l’opération Centaure, dont l’objectif est d’enrayer la violence par armes à feu. Une centaine de ressources seront dédiées à cette lutte, moyennant un investissement de 90 M$.

Certains corps de police seront renforcés par des équipes spécialisées, ce qui permettra d’intervenir plus rapidement lors d’actes de violence, en plus de veiller à la déstabilisation des réseaux criminels. Une somme de 911 000$ sera fournie pour l’encadrement des équipes du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Entre 2016 et 2020, quatre fois plus de tentatives de meurtre par arme à feu et de complots impliquant des armes à feu ont été recensés à Montréal, avec une hausse encore plus marquée dans la dernière année. Dans le reste du Québec, les tentatives de meurtre et de complot par armes à feu ont également grimpé de 30%.

«C’est une statistique qui confirme qu’il y a une recrudescence, admet Mme Guilbault. En même temps, on ne veut pas inquiéter outre mesure les citoyens. On est dans une ville, dans une nation, sécuritaire. Il reste qu’il y a des indicateurs qui nous indiquent une tendance.» 

Les enquêtes liées à l’approvisionnement des armes à feu seront aussi augmentées. L’objectif sera de mieux comprendre leur origine ainsi que leur parcours pour mieux neutraliser les réseaux. Dans cette optique, la communication entre les corps policiers sera améliorée, assure la ministre Guilbault. 

Mieux comprendre le crime

Puisqu’il vaut mieux prévenir que guérir, le développement de connaissances liées au trafic des armes à feu fera également l’objet d’efforts accrus. En ce sens, des ressources seront ajoutées au Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale et aux services correctionnels de la province.

Les policiers recevront une nouvelle formation sur l’application des lois sur les armes à feu et sur les violences armées. Pour évaluer le succès de l’opération, des données seront colligées quant au nombre de saisies, de perquisitions et d’incidents liés aux armes à feu.

«Mais c’est un travail compliqué qu’on doit faire, qui ne se résume pas au nombre d’arrestations. Ce qu’on veut, c’est que les citoyens se sentent plus en sécurité, avec des policiers plus visibles, par plus d’opportunités d’enquête», explique Mme Guilbault.

Montréal satisfaite, l’opposition critique

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a réagi à l’annonce en marge d’un point de presse sur les espaces verts dans l’Est. Elle se dit heureuse de l’annonce de Mme Guilbault.

C’est une très, très bonne nouvelle. Il faut avoir un message clair, un message qui est le même: des armes à feu, on n’en veut pas. On ne les veut pas à Montréal et on ne les veut pas dans aucune ville du Québec.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

Denis Coderre, principal opposant de Mme Plante aux élections municipales, s’est aussi réjoui de l’annonce gouvernementale. Il en a profité pour décocher une flèche à la mairesse sortante.

«Ce que je remarque, c’est qu’encore une fois, la Ville n’assume aucunement son leadership en matière de lutte contre la violence. Cette stratégie nationale démontre l’urgence d’agir pendant que la mairesse Plante se met la tête dans le sable», a-t-il dit dans un communiqué.

Pour le Parti libéral du Québec, l’annonce de la CAQ constitue une «bonne nouvelle», mais le parti aura été trop lent à agir. «L’inaction du gouvernement a laissé le temps à un sentiment d’insécurité de s’installer dans la population. Des parents hésitent à envoyer leurs enfants au parc, des aînés craignent de mettre le nez dehors», a déploré le porte-parole de l’opposition officielle en matière de sécurité publique, Jean Rousselle.

Mercredi, le SPVM a annoncé avoir bonifié ses effectifs en réaction aux nombreux événements de violence par armes à feu dans la métropole. Dix postes de policier et deux postes temporaires civils s’ajouteront à l’Équipe multisectorielle dédiée aux armes à feu (EMAF). Les policiers seront déployés entre le 1er octobre 2021 et la fin mars 2022.

L’équipe du SPVM avait également été bonifiée en août, avec des investissements de 5 M$ de Québec. Plus de 40 policiers ont alors été ajoutés à l’équipe spécialisée en trafic d’armes du service.

Dans le dernier mois, des coups de feu ont été tirés à trois reprises dans l’arrondissement de Saint-Léonard. Un incident a également eu lieu dans Saint-Laurent, où les coups de feu n’ont fait aucun blessé.

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