Politique

6 promesses de la CAQ brisées ou retardées (par la pandémie, ou autre)

Le premier ministre du Québec, François Legault.
Le premier ministre du Québec, François Legault Photo: Josie Desmarais/Métro

Le sprint électoral est lancé. Alors que le mandat de François Legault, son gouvernement a jusqu’à ce jour rempli 81% de ses 251 promesses électorales émises en 2018. Mais certaines promesses de la CAQ ont été retardées ou même brisées, entre autres à cause de la pandémie de COVID-19. Voici six engagements qui n’ont pas encore été remplis.

Un médecin pour tous

Lors de son élection, la CAQ promettait un médecin de famille pour tous les Québécois. Les citoyens «pourront le consulter, lui ou une infirmière praticienne spécialisée, à l’intérieur d’un délai maximal de 36 heures, d’ici 4 ans», indiquait-on en 2018. La pandémie affecte certainement le bilan du gouvernement Legault. N’empêche, le constat demeure le même qu’avant l’arrivée du parti au pouvoir, alors qu’une personne sur cinq n’a toujours pas de médecin.

Dans les circonstances, la cible a été revue: en vertu du plan stratégique du ministère de la Santé et des Services sociaux, Québec souhaite que 85% de la population ait accès à un omnipraticien d’ici 2023. En ce sens, un projet de loi a été adopté en novembre, permettant aux gestionnaires de réseau d’obtenir des données plus facilement sur les heures de pratique des médecins. Ceux-ci doivent prendre en charge plus de patients, estime-t-on.

Mais ce projet de loi ne constitue qu’un «canevas de travail»: Québec doit toujours s’entendre avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) pour l’appliquer. La rémunération de ces médecins doit aussi être revue.

CPE: le processus enclenché

La CAQ se targuait d’être le parti proposant le plus de mesures pour assurer l’accès des familles aux CPE. Aujourd’hui, 50 000 enfants se trouvent sur les listes d’attente des CPE, un nombre qui, du propre aveux de Québec, s’avère fort probablement sous-évalué. Le pari de François Legault est désormais de garantir une place à tous dans les CPE d’ici 2025.

Concrètement, 3 milliards de dollars ont été investis pour y arriver. Pour créer ces places, de nouvelles installations ouvriront leurs portes. En vertu d’un appel de projets continu, 17 000 places seront créées. D’autres seront assurées par la conversion des places non subventionnées en places subventionnées, et par le nombre d’enfants maximal permis par établissement, qui passera de 80 à 100 pour les garderies privées. Les CPE pourront maintenant accueillir jusqu’à 500 enfants dans différentes installations.

Le plus grand défi de Québec se trouvera au niveau des ressources humaines. La création de ces places nécessitera l’embauche de 17 800 éducatrices supplémentaires.

Réforme électorale mise au rancart

Ici, on peut déjà parler d’une promesse brisée de François Legault et de la CAQ. Le parti a confirmé qu’elle ne rappellera pas son projet de loi 39 sur la réforme du mode de scrutin avant les prochaines élections. Il faut même oublier l’idée à long terme: une telle réforme sera exclue de la prochaine plateforme électorale de la CAQ, selon le magazine L’Actualité. Avec la pandémie, François Legault aurait réalisé que l’enjeu n’intéressait plus les Québécois.

Cela n’est pas sans frustrer les partis d’opposition. En 2018, Québec solidaire et le Parti québécois s’étaient ralliés derrière la CAQ pour cet enjeu. «On ne fera pas comme Justin Trudeau», avait alors dit François Legault, critiquant son homologue fédéral qui s’était également défilé sur une réforme.

Crédit aux artistes

Les lois entourant les statuts des artistes demeurent les mêmes depuis 1988. Un changement est nécessaire, estimait la CAQ en 2018, notamment pour offrir aux travailleurs de la culture une protection sociale plus adéquate et aider la communauté à affronter la précarité du secteur. La pandémie en aura fait preuve: la culture a été l’un des premiers milieux secoué par les fermetures.

Mais depuis l’élection de la CAQ, aucune action concrète n’a été entreprise pour une réforme. Selon La Presse, la ministre de la Culture Nathalie Roy rencontrera des associations du milieu des arts d’ici la mi-janvier.

Protéger les lanceurs d’alerte

La CAQ et François Legault avaient fait la promesse d’instaurer des mesures pour protéger les lanceurs d’alerte, mais ici encore on a une promesse jusqu’ici retardée ou brisée. Un rapport a été déposé en ce sens en juin 2020, et une commission parlementaire doit se tenir sur le sujet. Mais ses travaux n’ont toujours pas commencé, près d’un an et demi plus tard.

La Loi facilitant la divulgation d’actes répréhensibles à l’égard des organismes publics doit être adoptée. Selon le rapport déposé, plusieurs patrons d’entreprises gèrent eux-mêmes les plaintes adressées par les lanceurs d’alerte. Nécessairement, un tel processus garde muettes les plaintes émises à l’interne.

Le temps supplémentaire des infirmières

Lorsque la CAQ de François Legault a fait la promesse d’éliminer le temps supplémentaire obligatoire (TSO) du personnel de la santé avant son élection, le parti ne se doutait pas qu’il aurait à composer avec une pandémie une fois au pouvoir. Le réseau est présentement coincé dans un cercle vicieux: comme il manque d’infirmières, celles-ci doivent effectuer des longs quarts de travail. Mais, épuisées devant la charge de travail demandée, elle quittent leurs fonctions.

La solution du gouvernement Legault est donc de ramener plusieurs infirmières dans le réseau. Pour y arriver, 1 milliard de dollars ont été investis dans l’octroi de différentes primes. En attendant, le TSO demeure en place.

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