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Un budget du Québec axé sur les infrastructures

Eric Girard
Eric Girard Photo: Philippe Ruel / Collaboration spéciale

Le budget du Québec 2026-2027 mise sur les investissements en infrastructures. Québec annonce un rehaussement de plus de 5 milliards de dollars sur six ans des investissements en infrastructures, portant le Plan québécois des infrastructures (PQI) à 167 milliards de dollars.

Ces nouvelles sommes ciblent plusieurs secteurs jugés prioritaires par le gouvernement: la santé et les services sociaux, l’éducation et l’enseignement supérieur, le transport collectif ainsi que le réseau routier. La transformation numérique des organismes publics figure également parmi les domaines bénéficiant de ces fonds supplémentaires.

Priorité au maintien des actifs

Selon le gouvernement, 71% des sommes investies seront consacrées au maintien en bon état des infrastructures existantes, plutôt qu’à de nouvelles constructions.

L’annonce survient dans un contexte où l’état des infrastructures publiques québécoises fait l’objet de préoccupations croissantes. Le gouvernement justifie ce réinvestissement majeur par la nécessité de «doter le Québec d’infrastructures modernes» et d’assurer la pérennité des actifs sur l’ensemble du territoire provincial.

«Avec ce budget, notre gouvernement a fait le choix de soutenir les entreprises évoluant dans une économie en transformation, d’investir dans les infrastructures, de prioriser les grandes missions de l’État et d’appuyer les Québécois et les communautés par des gestes ciblés», affirme le ministre des Finances, Eric Girard.

Santé, éducation et sécurité en tête des priorités

Au-delà des infrastructures, le budget 2026-2027 prévoit des mesures additionnelles totalisant près de 9,6 milliards de dollars sur cinq ans. Ces sommes visent à renforcer les services publics, stimuler l’économie et protéger le pouvoir d’achat des Québécois.

Sur ce total, près de 4,3 milliards de dollars sont réservés aux grandes missions de l’État. La santé et les services sociaux accaparent la plus large part, soit 2,2 milliards de dollars, notamment pour consolider l’accès aux soins de première ligne et soutenir les personnes proches aidantes.

En éducation, le gouvernement prévoit 639 millions de dollars sur cinq ans pour favoriser la réussite scolaire et combler des besoins urgents en espaces scolaires. Des sommes supplémentaires sont également allouées à la formation en enseignement supérieur et à l’intégration au marché du travail.

La sécurité publique bénéficie pour sa part d’un investissement de près de 1,1 milliard de dollars, incluant des mesures en cybersécurité et en lutte contre les violences armées.

Le budget réserve plus de 3,6 milliards de dollars au bien-être des Québécois et à la vitalité des communautés. Parmi les mesures annoncées: la conversion de 5000 places de garde non subventionnées, le plafonnement à 3% de la croissance de la taxe scolaire et des actions en matière de logement, d’itinérance et de santé mentale.

Un déficit en recul, un retour à l’équilibre visé en 2030

Sur le plan budgétaire, Girard a réaffirmé l’engagement de son gouvernement à revenir à l’équilibre budgétaire d’ici 2029-2030. Le déficit comptable pour 2025-2026 est révisé à la baisse de près de 3,8 milliards de dollars par rapport aux prévisions de l’an dernier, pour s’établir à 7,7 milliards. Pour 2026-2027, il s’établira à 6,3 milliards, soit 0,9% du PIB.

La croissance du PIB réel, quant à elle, devrait atteindre 1,1% en 2026 et 1,4% en 2027, dans un contexte mondial marqué par la montée du protectionnisme et les tensions géopolitiques.

«À travers toutes les turbulences que nous vivons, notre économie progresse, nos finances publiques se portent mieux et le Québec a toutes les raisons d’être optimiste face à l’avenir», a déclaré le ministre Girard à l’occasion du dépôt du budget.

Un budget discrétionnaire trop élevé

Les partis d’opposition à l’Assemblée nationale restent toutefois sur leur faim. Le Parti libéral du Québec (PLQ) et Québec solidaire (QS), notamment, dénoncent le budget discrétionnaire que s’attribue le gouvernement. La CAQ se retrouve ainsi avec 250 M$ – et potentiellement jusqu’à 1,3 G$ – qui ne sont pas attribués et qui pourront être par être utilisés par le prochain chef ou la prochaine cheffe pour financer des projets qui ne sont pas encore annoncés.

«Le « coussin Fréchette-Drainville (CFD) » qui permettra au prochain premier ministre caquiste d’engager 1.3 G$ à la veille d’une élection est cynique et indécent alors que les Québécois sont abandonnés face à la hausse du coût de la vie. L’idée même de créer une cagnotte électorale à même le budget démontre le manque de crédibilité de cet exercice budgétaire», dénonce le PLQ dans un communiqué.

«Le ministre Éric Girard va passer l’été avec le ou la prochaine cheffe de la CAQ pour faire pleuvoir ces sommes et distribuer sans gêne l’argent qui aurait dû servir à venir en aide aux familles qui en arrachent. 250 millions de dollars, c’est énorme. Le réseau de l’éducation, de la santé, et les familles qui sont étranglées par leurs factures auraient pris ces sommes tout de suite», a déclaré Ruba Ghazal, coporte-parole de QS.

Du côté du Parti québécois, le chef Paul St-Pierre Plamondon affirme sur ses réseaux sociaux que le gouvernement tente malhabilement de se sortir d’un déficit qu’il s’est lui-même construit au cours des dernières années avec des «gaspillages» comme le projet avorté de Northvolt et une explosion des postes dans la fonction publique.

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