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Être créatrice d’animation

Être créatrice d’animation
Photo: MétroL’industrie du jeu vidéo est essentiellement composée de travailleurs masculins.

Bianca Basso est tombée dans la marmite de l’animation à un jeune âge. Maintenant animatrice de jeu vidéo chez Reflector Entertainment, elle présente à Métro les coulisses d’un art en pleine ébullition.

animation
Bianca Basso

Le premier amour de Bianca Basso, c’était l’animation. Quelques décennies plus tard, Métro rencontre dans les bureaux de Reflector Entertainment, une femme qui a fait de sa passion une carrière, dans un monde surtout composé d’hommes.  

Petite, elle découvre la technologie CGI (NDLR: Computer Generated Imagery, ou imagerie générée par ordinateur) en regardant la trilogie du Seigneur des anneaux de Peter Jackson.

Sa curiosité est piquée, et elle se met à éplucher tout ce qu’elle peut trouver sur l’internet qui est consacré à l’animation 2D et 3D par ordinateur. L’intérêt de Bianca pour les jeux vidéo est arrivé plus tard dans la vie, alors qu’elle s’amusait, entre autres, avec la console NES familiale. 

Sans trop de surprise, Bianca s’inscrit à l’Université Concordia au baccalauréat en film d’animation. Là, elle s’initie à la technique par le biais de divers médiums. «J’ai pu apprendre tous les stades de la création d’un film: de la préproduction à la postproduction, en passant par le design sonore et l’histoire du cinéma», nous raconte-t-elle.

Tout juste sortie de l’école, Bianca bifurque vers l’animation 2D dans le domaine de la santé, où elle transpose de l’information médicale en formats éducatifs, pour ensuite enseigner au programme d’animation du Collège CDI. «Cet emploi m’a permis de me bâtir un portfolio solide dans mes temps libres, tout en continuant à me bâtir un réseau de contacts professionnels», soutient-elle. 

Selon Bianca, les animateurs talentueux cultivent une grande curiosité et un fort sens critique. «Il faut se questionner constamment, se demander si ce qu’on produit est plausible. Par exemple, est-ce que cette personne âgée dans le jeu marcherait de la même manière dans la réalité? Une blessure à la jambe donne-t-elle vraiment cette démarche boiteuse?» 

«Mon métier consiste à rendre un monde imaginaire le plus réaliste possible.» Bianca Basso, animatrice d’expérience de jeu vidéo chez Reflector Entertainment. 

Comme dans toute industrie créative qui se respecte, il faut savoir autant s’adresser des critiques que recevoir celles de ses pairs. «Il faut aimer l’animation pour ce qu’elle est, car on ne contrôle pas nécessairement le contenu avec lequel on travaille. On doit savoir être humble et apprécier le travail d’équipe. Les personnes qui prétendent tout savoir ne font pas long feu habituellement», dit-elle. 

«Nous avons besoin d’histoires racontées par des femmes» 

Aujourd’hui, l’artiste crée des animations pour les univers multimédias produits par le studio cofondé par un vétéran d’Ubisoft, Alexandre Amancio et le cofondateur du Cirque du Soleil Guy Laliberté. Elle collabore avec les équipes d’art, de programmation et de design pour définir le style et présenter des idées de concept. 

À ses yeux, le double standard à l’égard des femmes dans l’industrie du jeu vidéo provient généralement du public. La jeune femme a notamment subi plusieurs moqueries en s’exprimant sur les médias sociaux. Certains internautes ne la prennent pas au sérieux lorsqu’elle déclare travailler dans le monde du jeu vidéo

Si elle n’a jamais connu personnellement d’embûches au travail, plusieurs femmes de son entourage qui œuvrent dans d’autres compagnies ont vécu le sexisme. «Chez Reflector, nous sommes tous des animateurs, point à la ligne», affirme-t-elle. 

Afin d’épauler des pionnières comme Bianca, l’organisme montréalais Pixelles organise des ateliers et des séances de réseautage mensuelles destinées aux femmes de l’industrie et au grand public. Autrefois participante, Bianca se prononce maintenant régulièrement sur les panels de l’OBNL pour épauler ses collègues.