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03:30 17 décembre 2019 | mise à jour le: 16 décembre 2019 à 20:47

L’écoéducation pour faire face aux changements climatiques

L’écoéducation pour faire face aux changements climatiques
Photo: MétroLe Semoir est une initiative d’Arbre-Évolution Coop de solidarité, organisme spécialisé en reboisement social.

Le Semoir offre des ateliers écoéducatifs aux jeunes de la province. L’objectif? Semer une graine dans la conscience environnementale et sociale des citoyens en devenir.

Depuis février 2019, Le Semoir propose un programme couvrant plusieurs matières: agriculture, santé, climat, alimentation, écologie-biologie, écoentrepreneuriat, écocitoyenneté. 

Les 50 ateliers du programme ont été conçus pour être aussi instructifs que ludiques et abordent divers aspects de l’environnement, du compostage domestique à l’étude des insectes et des arbres, en passant par des cours d’écriture engagée ou de fabrication d’habitations écologiques. 

Par exemple, un des ateliers donnés dans la région de Montréal consiste à cuisiner à l’aide de produits du terroir québécois, avec le restaurant Manitoba. «C’est pour initier les enfants au fait que la nourriture ne vient pas seulement des épiceries et de la mondialisation, souligne Laurence Côté-Leduc, chargée de projets au Semoir. On leur apprend qu’on dispose d’un garde-manger naturel dans les forêts avoisinantes et qu’on peut cuisiner avec ces ingrédients. Le but est de leur transmettre des valeurs d’alimentation locale, de conscience alimentaire.»

Faciliter l’éducation en environnement

C’est la coopérative Arbre-Évolution, spécialisée en reboisement social et en compensation carbone, qui a créé Le Semoir. Appuyé par une trentaine de formateurs spécialisés, le vaste répertoire d’activités a été mis en place pour et avec les enseignants après avoir fait le constat que l’environnement était très peu étudié en classe. «On a compris que les citoyens qui participaient le plus à nos projets étaient les professeurs et leurs élèves, révèle Mme Côté-Leduc. C’est pourquoi notre programme est pensé pour le milieu scolaire. Pour le concevoir, on a beaucoup questionné les enseignants. On s’est demandé quelles étaient les lacunes du programme scolaire et quelles étaient les meilleures façons d’aider nos jeunes à faire face aux défis climatiques de demain.»

Les ateliers sont gratuits pour les écoles grâce aux partenaires et aux ambassadeurs du Semoir. Les professeurs de tous les niveaux, du primaire à l’école des adultes, peuvent demander de participer à l’initiative.

Depuis son lancement, le programme connaît une excellente réception. «Toutefois, pour le moment, nous n’autorisons qu’un atelier par classe, et les enseignants aimeraient en avoir plus, nuance la chargée de projets. Nous travaillons donc à rassembler assez de partenaires pour permettre plusieurs ateliers par classe et continuer de nous développer.» Pour 2020, Le Semoir vise à offrir une centaine d’ateliers un peu partout au Québec.

Parmi les souhaits du Semoir se trouve également celui de voir ses ateliers devenir un jour des cours crédités aux yeux du ministère de l’Éducation. «On aimerait que les compétences qu’on transmet aux jeunes puissent s’inscrire dans leur programme scolaire afin de réduire la charge de travail des enseignants.» 

«Le Semoir désire éveiller une conscience chez les jeunes et les outiller pour qu’ils aient envie de s’intéresser à tous les sujets environnementaux.» Laurence Côté-Leduc, chargée de projets au Semoir

Une génération sensibilisée

C’est à Montréal que Le Semoir a donné le plus d’ateliers cette année. «Probablement parce que la nature y est moins accessible, qu’on y est plus déconnecté de celle-ci, propose Mme Côté-Leduc. Les cours d’école sont asphaltées, donc, quand on arrive pour planter un arbre dans le cadre de projets carboneutres, il se passe quelque chose.»

Selon elle, les jeunes des régions connaissent mieux les enjeux du terrain, alors que les citadins sont davantage informés de manière générale. «En milieu urbain, on se rend compte que les jeunes sont très conscients des changements climatiques, de l’impact de l’industrie alimentaire, de la réduction des transports à cause des GES, etc. Ce volet-la est ancré dans leur tête, mais sur le plan de l’agriculture, de l’écoforesterie, des types d’arbres, ce n’est pas du tout le cas, énonce Laurence Côté-Leduc. Dans les milieux ruraux, c’est l’inverse!» 

À terme, Le Semoir souhaite apporter un complément aux connaissances grâce à ses ateliers, reconnecter davantage les enfants à la nature et leur faire découvrir d’autres réalités. «Cela dit, les enfants et les adolescents québécois d’aujourd’hui sont plus conscients que jamais des enjeux environnementaux», assure-t-elle.

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