Carrières
03:30 28 janvier 2020

Le climat de travail dans les sciences laisse à désirer

Le climat de travail dans les sciences laisse à désirer
Photo: MétroLes chercheurs travaillent dans des environnements compétitifs qui provoquent du stress et de l’anxiété.

Harcèlement, stress, anxiété, compétition: certains seront surpris d’apprendre que la «culture de travail» chez les scientifiques n’est pas si différente de celle qu’on trouve dans plusieurs professions.

Près de 80% des 4300 participants à une étude britannique parue le 15 janvier jugent que la compétition a entraîné une dégradation des conditions de travail et un climat «agressif». Et la moitié d’entre eux ont dit devoir se battre contre la dépression ou l’anxiété. Les deux tiers ont rapporté avoir été témoins d’intimidation ou de harcèlement, et 43% ont dit en avoir vécu.

La recherche a été financée par le Fonds Wellcome, un des plus grands organismes privés de financement de la recherche dans le monde. Réagissant aux résultats, son directeur, Jeremy Farrar, a déclaré qu’une «culture de recherche appauvrie mène ultimement à de la recherche appauvrie».

Une étude mondiale met en évidence les conditions de travail médiocres des scientifiques: longues heures, mauvaise sécurité d’emploi et problèmes de santé mentale.

«Il est très clair que nos pratiques de recherche ne sont pas durables», ajoute Beth Thompson, qui dirige chez Wellcome un programme visant à améliorer l’environnement de travail des chercheurs dans lequel s’inscrit cette recherche.

Quelque 84% des chercheurs interrogés se disent fiers de travailler dans leur domaine. Toutefois, seulement 29% d’entre eux notent qu’ils sont sûrs d’y poursuivre leur carrière. Plus de la moitié (55%) déclarent avoir une perception négative de la «culture de travail en science».

Et certains font porter le blâme aux organismes subventionnaires et aux universités, qui mettent trop l’accent sur les indicateurs de performance comme le nombre de publications que devrait produire un chercheur et le facteur d’impact des revues qui ont publié ses recherches.