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17:55 19 novembre 2014 | mise à jour le: 19 novembre 2014 à 17:55 temps de lecture: 5 minutes

Médecine dentaire, une formation pratique

Médecine dentaire, une formation pratique
Photo: Métro

C’est bien connu: les dentistes travaillent beaucoup de leurs mains. Ils doivent donc beaucoup s’exercer afin d’acquérir la dextérité et l’expertise nécessaires à leur métier.

Le volet pratique est d’ailleurs introduit très tôt durant les études à la Faculté de médecine dentaire de l’Université de Montréal, confirme le Dr Adel Kauzman, professeur agrégé au Département de stomatologie et adjoint au doyen à l’admission. Il explique que durant l’année préparatoire du programme de cinq ans, les étudiants sont déjà exposés au volet pratique au moyen d’observations cliniques et d’assistanat, tout en suivant des cours de bases dans d’autres domaines de la santé (optométrie, pharmacie, médecine, etc.) Les futurs dentistes entament ensuite le cursus de quatre ans en médecine dentaire. Durant les deux premières années, ils apprennent la dentisterie au laboratoire en s’exerçant sur des mannequins et des dents artificielles. En troisième et quatrième années, ils traitent des patients en clinique. «Ils toucheront vraiment à tout: diagnostic et plan de traitement, nettoyage, prothèses fixes et amovibles, extraction des dents, incluant les dents de sagesse, etc.», explique le Dr Kauzman.

À la fin de ces cinq ans d’études, il faut passer un examen national, qui permettra d’obtenir un permis de pratique de l’Ordre des dentistes du Québec. Sur le marché du travail, plusieurs débouchés sont possibles: travailler en cabinet avec un autre dentiste, ouvrir sa propre pratique, œuvrer au sein du gouvernement ou en milieu hospitalier, etc. «Certains étudiants décident par ailleurs de continuer afin de choisir une des 10 branches de spécialisation en médecine dentaire, comme l’orthodontie, la dentisterie pédiatrique ou la chirurgie buccale et maxillo-faciale», ajoute le professeur.

Le programme de médecine dentaire de l’Université de Montréal est le plus important au Québec en termes d’effectifs étudiants. Il est aussi très contingenté: chaque année, sur plus de 750 demandes d’admission, seuls 90 candidats sont retenus.

Des études coûteuses?
On entend souvent dire que les étudiants en médecine dentaire doivent débourser beaucoup d’argent dans le cadre de leur formation. Qu’en est-il? «En fait, ce ne sont pas les droits de scolarité qui coûtent cher, mais bien les instruments que doit se procurer l’étudiant pour compléter sa formation», précise le Dr Kauzman. «Toutefois, ce matériel appartient à l’étudiant, qui peut s’en servir une fois sur le marché du travail», ajoute-t-il.

Au Québec, un étudiant en médecine dentaire débourse aux alentours de 30 000$ en équipement durant ses études.

Entrevue. Devenir dentiste, c’est combiner médecine et entrepreneuriat

Dr Nathalie MorinCV

  • Nom : Nathalie Morin
  • Âge : 47 ans
  • Clinique : Est professeure à McGill et directrice des services professionnels du programme d’inspection professionnelle de l’Ordre des dentistes au Québec.

Pourquoi avoir choisi cette formation?
J’étais au départ intéressée par le domaine de la santé. J’hésitais entre médecine et médecine dentaire, et j’étais aussi très attirée par la chirurgie. J’aimais l’idée d’être mon propre patron, alors la carrière en médecine dentaire répondait à mes aspirations. À la suite de mes études, je me suis jointe aux forces armées et j’ai pratiqué comme dentiste pendant des années auprès de patients militaires.

Quelles sont les tâches principales reliées à votre travail?
Il y a principalement deux aspects au travail d’un dentiste: le volet médecine et le volet gestion d’entreprise. Nous devons rencontrer les patients, élaborer des plans de traitement, travailler pour améliorer leur santé. Par ailleurs, il faut souvent faire de la gestion de personnel et s’occuper du côté administratif de l’affaire.

Quelles sont les qualités requises pour exercer cette profession?
C’est certain qu’il faut aimer le public, être capable d’écoute, d’ouverture d’esprit et d’empathie. Par ailleurs, il est essentiel d’avoir le souci du détail, d’être minutieux. Comme on travaille avec nos mains, il faut une bonne dextérité manuelle et être capable de produire des résultats rapidement. Finalement, un dentiste exerce rarement seul: il faut donc être capable de travailler en équipe.

Quels sont vos aspects préférés du travail? Et quels sont les plus difficiles?
La relation d’aide avec les patients est ce qu’il y a de plus gratifiant: être capable d’améliorer leur condition dentaire, ça n’a pas de prix! J’aime aussi beaucoup l’aspect manuel, le travail en bouche. Quant à l’aspect un peu plus difficile, la plupart des dentistes s’entendront pour dire que c’est le volet gestion de bureau. La comptabilité et la gestion de personnel sont des choses auxquelles les études ne nous préparent pas vraiment et qu’on apprend un peu sur le tas.

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