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Sèxe Illégal: le sèxe, l’alcool, les bars et la drogue

Photo: Denis Beaumont/Métro

Paul Sèxe et Tony Légal, les deux mecs complètement pétés du duo humoristico-musical Sèxe Illégal, sortent leur «anthologie», 40 ans dans l’chant, à point nommé pour le Zoofest. Pour paraphraser Kevin Parent, ils ont discuté avec nous du genre d’illusions qu’ils consomment. Et qu’ils vendent.

Avec 40 ans dans l’chant, vous semblez prêts à conquérir la planète rock…
Paul Sèxe : En fait, on l’a déjà fait. Maintenant, on veut la conquérir une deuxième fois. As-tu vu c’est rendu où, le rock, au Québec? Disons que ça ne lève pas fort, fort. Depuis qu’Éric Lapointe a arrêté de boire, le rock est pu là pantoute. T’as Marie-Mai qui a à peu près 18 couches d’effets sur ses guitares! Il n’y a plus rien de sale ou de vrai.

Vous sortez ce best of un peu malgré vous, non?
Tony Légal : En fait, on préfère le terme «anthologie». Faire un best of suppose de choisir le meilleur, ce qui veut dire que le reste n’est pas bon. C’est insultant.
PS : On a failli sortir un coffret de 13 albums, mais personne n’a d’argent. Faque on a fait une anthologie. Il y a eu beaucoup de chicanes et on s’est séparés plus de cinq fois. Finalement, on a choisi 27 chansons. Des courtes et des longues. Des rock et des électro-blues. Tout le monde peut s’y identifier : les gens beaux et les moins beaux.

Pendant Juste pour rire, vous allez vraiment vous donner corps et âme…
PS : Oui. En plus des concerts, on anime un téléthon. C’est pour une cause qui nous touche
beaucoup.
TL : C’est pour notre propre fondation : Rave d’enfants. Heille, ce n’est pas parce que t’as huit ans pis que t’es malade que tu ne peux pas danser toute la nuit sur le speed! Faque nous, on ramasse de l’argent pour envoyer les p’tits dans des raves. C’est ça, notre cause : les enfants, le speed pis la musique de David Guetta.

Vous ne vous gênez pas pour démolir les musiciens et les humoristes qui vous entourent. Vous vous êtes quand même fait des amis dans le milieu?
TL : Pas mal. Ils sont assez faciles, ces gens-là. Étonnement sympathiques. Mais il faut dire que la drogue aide beaucoup.

Quel aspect de votre vie de star appréciez-vous le plus?
TL : Les groupies. Le sexe gratuit, c’est tellement sous-estimé! Nous autres, on n’a même pas besoin d’amener des filles au restaurant!
PS : C’est pour ça qu’on est riches : parce qu’on ne dépense pas. Tout cuit dans le bec, nous autres!

De toute façon, vous êtes nés pour l’argent et la gloire…
TL : Oui, on est nés sold out.
PS : Au Québec, tout le monde est né pour un petit pain, mais nous, on est nés pour les lingots. Je pense qu’on est un idéal à atteindre pour le peuple.

Sentez-vous que vous vendez du rêve?
TL : On vend beaucoup de rêve. On ne vend que ça, d’ailleurs. Et puis des disques aussi.

Diriez-vous que vous êtes des modèles à suivre?
PS : Oui. Les jeunes devraient avoir davantage de modèles comme nous. Ce n’est pas en suivant des Jonathan Roy qu’ils vont arriver quelque part.
TL : C’est sûr qu’on est des modèles; on se fait tout le temps prendre en photo! Est-ce qu’on est à suivre? Ça, c’est une autre question. On boit beaucoup et on est assez ouvertement pour la prise de drogues, alors…

Il semblerait qu’à l’instar des plus grands rockeurs, il vous arrive fréquemment de signer des poitrines.
TL : Oui. Un sein par jour éloigne la mort pour toujours.
PS : C’est un des endroits sur lesquels on appose notre signature le plus souvent. Mais il a fallu mettre un frein à ça. Il y a des mères qui voulaient qu’on signe leurs seins et on finissait dans la face de leur bébé.

Les prochains marchés que vous comptez envahir?
PS : Le bloc de l’Est.
TL : Y a des belles femmes, là-bas, avec un beau look. Mais la Russie, ce n’est pas facile à pénétrer.
PS : C’est dangereux, y ont des gremlins, là-bas.
TL : Un KREMlin, niaiseux!

Vous dites souvent que vous rêvez de voir l’industrie revenir à son état de jungle. Le milieu artistique n’est pas assez sauvage à votre goût?
PS : Ce n’est pas une jungle ici, c’est un Biodôme! Il n’y a plus de sélection naturelle.
TL : Au Québec, le monde est trop frileux. Il faut que les artistes s’aiment pis toute.

Pour conclure, vous qui êtes de dignes représentants de Villeray, comment vivez-vous la brusque gentrification de votre quartier?
TL : C’est sûr que ça s’embourgeoise. Ya des p’tits bars fendants comme le Miss Villeray qui ouvrent et qui deviennent des repaires de gens qui aiment ça payer 10 piasses pour une bière parce qu’ils ne peuvent pas prononcer son nom. Mais il reste toujours la Taverne Jarry.
PS : Le bock est à deux piasses!
TL : Pis ya le buffet King Wah! 5,95 $ pour un buffet le lundi et le mardi! Tout ce que tu veux, même des crevettes! Je n’ai jamais été malade. Jamais.

Sèxe Illégal
Au Café Campus
Mercredi, ainsi que les 21, 23 et 25 juillet, à 20 h

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