Critiques CD de la semaine du 20 au 24 août
Cette semaine, l’équipe de Métro a écouté les derniers albums de .Rouge Pompier, Ariel Pink’s Hauted Graffiti, Iggy Pop, La descente du coude, Bloc Party et Luisa Pepe.
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Pas con Rouge Pompier Kevin Bacon (3,5/5) |
Humm… un premier album qui s’appelle Kevin Bacon et une chanson qui s’intitule Anne Dorval. Loufoque? Certainement. Con? Pas vraiment. Le groupe Rouge Pompier ne se prend pas au sérieux. Les textes – pas tous – sont amusants et un peu gras tandis que la musique est lourde et étonnamment accrocheuse. Le duo nous offre des pièces riches et bien construites même s’ils n’utilisent – la majorité du temps – qu’une guitare et une batterie. Kevin Bacon est d’abord et avant tout un album rock mais ce sont les pièces plus sautillantes – Ver de terre, Dédompter ton chien – qui sont les plus mémorables.
– Mathieu Horth-Gagné
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Sauté Ariel Pink’s Hauted Graffiti Mature Themes (3,5/5) |
Ariel Pink, de son vrai nom Ariel Rosenberg, ne semble pas avoir grand-chose à faire du succès. On l’a déjà vu quitter la scène en plein milieu d’un concert pour fumer une clope, laissant ses musiciens et son public en plan, puis revenir un quart d’heure plus tard comme si de rien n’était. Et pourtant! Dur, dur de ne pas craquer pour l’excentrique personnage. Ironiquement intitulé Mature Themes, le nouveau disque chaotique d’Ariel et de son Haunted Graffiti flirte avec les airs psychédéliques dérangeants (Early Birds of Babylon), le folk rock des années 1960 à la The Byrds (Only in My Dreams), et le délire à peine contrôlé (Schnitzel Boogie). Quelques pièces plus faibles ralentissent la cadence (Live it Up), mais en gros, le trip se révèle des plus plaisants.
– Natalia Wysocka
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Iggy en v.f. Iggy Pop Après (3/5) |
Celui dont le groupe a été un des précurseurs du mouvement punk reprend maintenant des classiques de la chanson française sur Après. Ce n’est pas la première incursion d’Iggy Pop dans l’univers francophone, mais cette fois, c’est fort réussi. Même si les arrangements sont assez épurés et proches des versions originales, la voix rocailleuse d’Iggy donne une toute nouvelle couleur à Joe Dassin (Et si tu n’existais pas), Henri Salvador (Syracuse) ou George Brassens (Les passantes). Mais notre coup de cœur va à l’une des pièces en anglais, la touchante Everybody’s Talkin’, sans doute parce qu’Iggy est naturellement plus à l’aise dans la langue de Shakespeare. Question reprises, celles-là valent le détour.
– Jessica Émond-Ferrat
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Sourire en coin La descente du coude L’idéal en civière (3/5) |
Ça fait un moment déjà que la pop a pris le dessus sur le punk dans la musique de La Descente du coude. On ne se surprend donc pas de constater que, sur L’idéal en civière, l’orgie de refrains et de hooks contagieux l’emporte sur le mordant et l’hyperactivité qu’on aimait tant dans les premières années. La formule est efficace (Aptonymes et Ulysse se logent dans votre tête dès les premières notes), mais certains moments frôlent la facilité. Au final, ce sont les chansons telles que Place Versailles, Simon contre la reine, Chanson Pop et Parfois c’est dur qui montrent que, ce que La Descente fait de mieux, c’est encore de rocker sans compromis, et ce avec le sourire en coin.
– Maxime Huard
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Disparate Bloc Party Four (2,5/5) |
Ils ont toujours été faciles à aimer, les amis de Bloc Party. Sympas, attachants, Kele Okereke et ses hommes sont un peu les «underdog» de l’indie rock, ce qui fait qu’on nourrit pour eux une tendresse certaine. Mais les Britanniques rendent la tâche un peu difficile avec leur nouveau disque, Four, un titre qu’il est préférable de prononcer en anglais. À l’instar de ce nom un peu quétaine, ce premier album en quatre ans, qui se trouve également à être leur quatrième album de tous les temps, manque cruellement de ligne directrice. Day Four (on n’y échappera pas) évoque par exemple… I’ll Be Missing You. Hm? Reste qu’on retrouve des étincelles du Bloc Party des bons jours dans des pièces d’une folle urgence comme Coliseum ou Octopus. Pour inconditionnels.
– Natalia Wysocka
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Boom Boom Luisa Pepe Lovesick (2,5/5) |
Troisième album de cette chanteuse montréalaise d’origine italienne qui donne principalement dans la dance-pop. Et cette fois, ça sonne comme une tonne de briques. La réalisation est rien de moins que de calibre international. Cela dit, ce CD ne révolutionne pas le genre. Puis plusieurs chansons (surtout les premières du disques) sont plutôt faibles. On dirait qu’elles portent des chaussures trop grandes pour elles. À cela, Luisa Pepe ajoute des reprises de ses propres chansons (I Wanna Be the One, My Heart Goes Boom)… qui ont pourtant déjà fait l’objet d’une compilation! Bon, ça ne veut pas dire que le succès ne sera pas au rendez-vous…
– Éric Aussant
Évaluation: 5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt





