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It's a Free World… la méthode Ken Loach

Geneviève Vézina-Montplaisir, Métro

Rien n’est plus pareil pour Kierston Wareing depuis qu’elle a tourné dans le dernier film de Ken Loach, It’s a Free World… Le destin de cette jeune femme de 31 ans qui s’était résignée à devenir secrétaire juridique après avoir tenté sa chance comme actrice a été complètement transformé. Sa carrière a maintenant le vent dans les voiles, et l’actrice restera à jamais marquée par les méthodes de travail
particulières du réalisateur britannique.

Après quatre mois d’auditions, de séances d’improvisation et de screen test, Kierston Wareing a obtenu, à son grand étonnement, le rôle d’Angie, une jeune mère célibataire accumulant les emplois qui, après avoir perdu son plus récent boulot dans une agence de recrutement, décide de fonder sa propre agence avec sa colocataire.

La création de cette petite entreprise qui emploie des journaliers, pour la plupart des immigrants, ne se fera pas sans heurt pour cette jeune femme fonceuse, prête à tout pour son fils. Il s’agissait d’un premier gros rôle au cinéma et d’une première incursion dans l’univers réaliste de Ken Loach pour l’actrice.   

«Je n’aurais pas pu trouver mieux pour un premier grand film, concède la principale intéressée, jointe par téléphone à Leigh-on-Sea, dans l’Essex. Ken Loach est un génie,  et sa façon de travailler est unique.»

De fait, le réalisateur de The Wind Shakes the Barley (Palme d’or en 2006, à Cannes) a sa propre façon de faire. les choses Voulant que la performance des acteurs soit le plus près de la réalité possible, le cinéaste engagé leur a donné peu d’informations avant le tournage et leur a réservé plusieurs surprises.

«Il nous donnait le scénario un jour avant chaque scène, explique Wareing. Comme il travaille en séquences, je ne connaissais pas le déroulement de l’histoire jusqu’à la fin.»

Coller à la réalité
C’est donc avec étonnement et une certaine crainte que l’interprète d’Angie a appris en plein tournage qu’elle devait suivre un cours de moto! Mais si, au départ, les méthodes peu orthodoxes de Loach lui ont fait peur, elle les a maintenant complètement adoptées.

«Pour être honnête, j’aimerais être toujours dirigée comme ça désormais, affirme-t-elle. C’était vraiment plaisant de jouer le jeu.»

Kierston Wareing n’a jamais travaillé dans une agence de recrutement. Celle qu’Angie et sa colocataire Rose (Juliet Ellis) fondent fait travailler ses employés dur, souvent pour des salaires peu élevés, une réalité que le cinéaste contestataire voulait dévoiler au grand jour. Ken Loach est donc allé en visiter quelques-unes pour rendre son film crédible. Aux acteurs, il a réservé une autre façon de se préparer.

«Ken nous a fait assister à une soirée de karaoké polonaise, avec des immigrants polonais et de la nourriture polonaise. J’ai parlé de musique avec eux parce je ne connaissais pas encore le sujet du film, explique-t-elle. Il nous a aussi envoyés, moi, les acteurs qui faisaient mes parents et celui qui faisait mon fils, jouer aux quilles pour nous apprendre à mieux nous connaître.»

Cette actrice qui n’avait jamais vu de film de Ken Loach avant le tournage et qui, quand elle a su qu’elle avait le rôle, a décidé de ne pas en voir pour ne pas être intimidée, est maintenant une adepte des méthodes du réalisateur britannique. Grâce à sa performance dans It’s a Free World… l’ancienne étudiante du Lee Strasberg Theatre and Film Institute de New York s’est vu offrir plusieurs rôles. Kierston Wareing vient tout juste de terminer le tournage d’un film de gangsters et va incarner une détective privée dans une nouvelle série télé.

It’s a Free World…
En salle aujourd’hui

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