Culture

Justice: un clip violent qui dérange

Adrien Cadorel, Métro France

Révélation musicale « électro » de
ces derniers mois, récompensé lors des Victoires de la musique 2008 dans
la dite catégorie, le groupe français Justice, habitué à rythmer les
pistes de danse aux quatre coins du monde, est aujourd’hui au coeur
d’une polémique.

En cause, le vidéo clip de leur
dernier single « Stress », mettant en scène une bande de jeunes se
livrant à une série d’exactions et d’agressions en tout genre. Coup
marketing, provocation gratuite, ou simple oeuvre créative au goût
douteux pour certains ?

Mise en scène
Pour illustrer par l’image ce nouveau single, Gaspard Augé et Xavier de
Rosnay ont fait appel au jeune réalisateur Romain Gavras, fils du
cinéaste, et membre du collectif Kourtrajmé. Le scénario ? Pendant sept
minutes, cinq jeunes affublés du manteau en cuir aux insignes du groupe
électro agressent tour à tour une jeune femme, une personne âgée, un
automobiliste, des policiers, avant de mettre le feu à une voiture
volée peu avant.

Fort d’une ressemblance avec le chef
d’oeuvre de Stanley Kubrick « Orange Mécanique » le clip se clos sur un
« ça te fait kiffer de filmer ça, fils de pute ? » rageur. Malgré les
polémiques, Justice réussit un coup marketing : le clip aurait été
visionné plus d’un million de fois depuis sa mise en ligne il y a
quinze jours.

Explications
Refusant de s’expliquer sur le sujet jusqu’à présent, les deux compères
de Justice ont expliqué « avoir été conscient que le clip était sujet à
controverse ». « Ce film n’a jamais été envisagé comme une
stigmatisation de la banlieue, comme une incitation à la violence ou,
surtout, comme un moyen larvé de véhiculer un message raciste ». Du
côté de la maison de disques, un responsable a expliqué que l’idée du
réalisateur était « de faire une parodie du traitement de l’information
par les grandes chaînes hertziennes ».

Si certains syndicats de police se
sont émue des scènes de violences, le ministère de l’intérieur n’a pas
souhaité faire de commentaires particulier. « Pourquoi monter au
créneau lorsque c’est un groupe de rap, et pas lorsque il s’agit d’un
groupe éléctro ? La violence est la même, mais le traitement est
différent. C’est incompréhensible » s’indigne un policier de Seine
Saint Denis. En attendant, Justice peut savourer son clip, et une
nouvelle célébrité.

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