Culture

Fleet Foxes: La nouvelle vague de Seattle

Au début de la décennie 1990, les oreilles de la planète entière étaient tournées vers Seattle. Grâce à des formations comme Nirvana, Pearl Jam et Sound­garden, la ville américaine est devenue le berceau de la musique grunge. Encore aujourd’hui, cette réputation colle à la peau de la métropole, et ce, même si elle a vu naître des groupes indie de premier plan tels que Death Cab for Cutie et The Postal Service.

Un jeune quintet de la région s’apprête peut-être à changer tout cela… et les quelques chanceux qui se sont procurés des billets pour sa prestation de ce soir au Divan orange pourront peut-être un jour dire : «J’y étais dans les tout débuts.» Depuis la sortie de son premier album éponyme, en juin dernier, Fleet Foxes collectionne les accolades. «Le prochain grand band américain!» s’exclame NME Magazine. «Un classique instantané», annonce The Guardian, donnant à l’opus une note parfaite de cinq étoiles sur cinq. Et la liste s’allonge…

Rejoint par téléphone à Dallas, au beau milieu d’une tournée mondiale qui s’étirera jusqu’à la fin de l’année, Casey Wescott, le claviériste du groupe, disait ne pas trop porter attention aux critiques dithyrambi­ques suscitées par l’album. «On est tellement occupé qu’on n’a pas le temps de s’arrêter et de réfléchir à tout ça, souligne le jeune homme de 27 ans. C’est tout de même très flatteur. Je joue de la musique depuis longtemps et ça fait du bien de recevoir des fleurs à l’occasion, mais je trouve ça présomptueux de nous qualifier de génies.»

Douce nostalgie

Quand vient le temps de décrire l’univers musical de Fleet Foxes, les mots se bousculent au portillon. Certains optent pour du «folk traditionnel anglais», tandis que d’autres parlent d’«harmonies vocales de style baroque». Ce petit monde semble cependant s’entendre sur une chose : les chansons du groupe inspirent un doux sentiment de nostalgie qui n’est pas étranger au mouvement hippie des années 1970. Un consensus auquel Wescott n’adhère pas vraiment. «On ne cherche pas à s’approprier le son de quelqu’un d’autre, indique-t-il. Je suis un fan des bands de cette époque, mais ça serait idiot pour un jeune groupe d’essayer de revisiter quelque chose qu’il n’a jamais vécu.»

«On a peut-être la même sensibilité que les artistes de ce temps-là, ajoute-t-il, après quelques secondes de réflexion. On n’utilise pas de synthétiseurs ou des machines de ce genre. On préfère les voix humaines, et les sons plus organiques. C’est peut-être ça qui est « nostalgique » pour certaines personnes… parce qu’on n’entend plus ça de nos jours.»

L’avenir de Seattle

De son propre aveu, Casey Wescott était un peu trop jeune pour apprécier le mouvement grunge lorsque celui-ci a explosé il y a une vingtaine d’années. Il se rappelle toutefois avec bonheur à quel point tout semblait possible, à l’époque, pour un jeune musicien à Seattle. «Malheureusement, les choses ont bien changé, affirme-t-il. Aujourd’hui, on favorise le développement commercial aux dépens de l’épanouissement culturel. On met à terre des salles de spectacles pour ériger des parcs de stationnement ou des condos. C’est frustrant, parce Seattle est en train de perdre sa belle réputation de Mecque de la musique. Ça me fait peur.» Fleet Foxes saura-t-il renverser la tendance et redonner à Seattle ses lettres de noblesse? C’est à suivre…

Fleet Foxes
Au Divan orange
Ce soir à 20 h

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