Culture

Jean-Marc Vallée : Traitement royal

Ce n’est ni à Londres ni à Los Angeles, mais bien à Montréal que Jean-Marc Vallée peaufine ces jours-ci The Young Victoria, son premier long métrage depuis C.R.A.Z.Y. Comme son titre l’indique, le film se penche sur les jeunes années de cette ancienne souveraine du Royaume-Uni, de son ascension au trône à son mariage avec le prince Albert.

On s’étonne que le cinéaste mette la touche finale à cet ambitieux projet dans la Belle Province, car celui-ci est produit par nuls autres que Graham King et Martin Scorsese, le duo derrière The Departed, récipiendaire l’Oscar du Meilleur film
en 2007.

Vallée avoue toutefois n’avoir jamais rencontré le célèbre cinéaste américain et même ne lui avoir jamais parlé. Celui-ci n’est intervenu qu’à quelques reprises – et de très loin – dans le processus de création de l’Å“uvre.

«C’est Graham et moi qui « callons » les shots», dit-il à l’autre bout du fil.

Le temps, un luxe
Les films se suivent mais ne se ressemblent pas pour Jean-Marc Vallée. Alors que l’action de C.R.A.Z.Y. se situait dans le Québec des années 1970, celle de The Young Victoria se déroule dans l’Angleterre du 19e siècle. La même chose peut être dite au sujet du budget. Alors que le premier film a été réalisé au coût de
7 M$, le second a bénéficié d’une enveloppe de 35 M$. Une somme cinq fois plus élevée qui valait son pesant d’or lors du tournage, qui s’est tenu d’août à octobre 2007 sur le Vieux Continent.

«Ç’a été une expérience extraordinaire, d’une grande fluidité, note le réalisateur québécois. On tournait 1 page par jour, alors qu’ici, ça peut aller de 5 à 10 pages par jour. Tu n’as pas le temps de respirer, tu ne réfléchis pas beaucoup… Tu clenches. Tu as l’impression d’avoir un gun sur la tempe. C.R.A.Z.Y. s’est fait dans la souffrance et la frustration de devoir travailler vite.»

The Young Victoria mettra en vedette Emily Blunt (The Devil Wears Prada), Rupert Friend et Paul Bettany.

Des mots qui sonnent
Tout comme dans C.R.A.Z.Y., qui sera disponible en format Blu-ray à compter de mardi, la musique occupera une place de choix dans The Young Victoria. Pour Jean-Marc Vallée, c’était une façon de s’approprier le scénario de Julian Fellowes.
«Je me suis improvisé DJ classique, indique-t-il. J’ai choisi les pièces en fonction de leur rythme et de leur esprit rock.»

C’est ainsi que Vallée a demandé à un ténor de faire du lip synch sur un titre de Klaus Nomi, icône de la scène new-wave du début des années 1980, qui avait repris The Cold Song, un morceau tiré de l’opéra King Arthur de Henry Purcell.

Des projets en français

En plus de travailler à la postproduction de The Young Victoria (dont la
sortie en salle est prévue pour décembre ou février prochain), Jean-Marc Vallée planche actuellement sur l’écriture de deux scénarios de film en français : Café Flore et Shoebusiness. L’action de ce dernier – une collaboration avec l’auteure torontoise Karen Walton – se déroule dans le «domaine de la bottine», précise le cinéaste.

«Je suis content de revenir à l’écriture après l’intensité des dernières années», dit Vallée, qui espère réaliser les deux longs métrages.

Articles récents du même sujet