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Rose: La rançon de la rupture

geneviève vézina-montplaisir, métro

«Cette peine d’amour est la plus belle chose qui pouvait m’arriver», clame Rose. Une affirmation pour le moins surprenante, mais qui résume assez bien le parcours atypique de la chanteuse française que plusieurs comparent à Carla Bruni, avec son folk romantique.

Il y a deux ans, Rose était enseignante, composait pour elle-même et grattait sa guitare en secret. Et puis, c’est la fin entre elle et son copain musicien. La jeune femme sombre alors dans une période noire où elle se met à écrire des chansons. Par un heureux hasard, ses créations se rendent jusqu’aux bonnes oreilles, dont celles d’Alain Souchon. Rose enregistre son premier album éponyme, qui se vend comme des petits pains chauds de l’autre côté de l’Atlantique (350 000 copies). Grâce à la chanson, La liste, sa musique trouvera même un écho au Québec.

La vie en rose? Certai­ne­ment, mais aussi beaucoup de travail pour une autodidacte dont les étapes de la jeune carrière se sont enchaînées à un rythme fou.

«J’avais composé seulement des chansons à la guitare, affirme la jeune femme jointe par téléphone à Rouen. Je n’avais jamais pensé aux arrangements et à la production de l’album. J’ai été un peu prise de court sur ces plans-là. Et ensuite, prise de court par la scène parce qu’après l’album on m’a dit qu’il fallait partir en tournée et trouver un groupe. J’ai mis du temps à trouver des musiciens et à changer les arrangements, parce que sur l’album, il y avait des choses que j’avais un peu regrettées. Donc, j’ai dû travailler pendant qu’on était sur scène et pas avant.»  

Une situation particulière qui a donné lieu à quelques concerts tests et à quelques ratés, mais qui, au bout du compt,e donne le spectacle que Rose vient présente pour la première fois à Montréal et pour la dernière fois de sa tournée.

L’art de souffrir
L’auteure-compositrice-interprète se retirera ensuite pour réfléchir à un deuxième album fort attendu. Un grand défi, puisque pour le premier tout avait germé grâce à une grande tristesse et que maintenant tout va pour le mieux pour Rose qui vit de sa musique et qui a retrouvé son amoureux!

«Je pense qu’il faut souffrir pour créer, souligne Keren Meloul de son vrai nom. On peut écrire quand on va bien, mais ça reste toujours moins fort et moins vrai. Les gens prennent moins en pleine figure ce que vous racontez quand vous êtes heureux. Il y a quelque chose qui vous vient des trippes quand vous souffrez. Après un grand bonheur comme avoir un enfant ça peut faire de très jolies chansons, mais pour écrire vite et bien, je crois qu’il faut souffrir.»

Rose est donc un peu terrifiée à l’idée de se remettre à écrire, mais compte tout de même sur sa grande amie mélancolie.

«Je suis une malheureuse dans l’âme de toute façon, je ne suis jamais entièrement satisfaite même quand  tout va bien, confie la Niçoise. Ça déplait à ceux qui m’entourent parce que j’ai tout ce à quoi on peut rêver, mais j’ai toujours des moments mélancoliques.»

À 29 ans, l’avenir est donc certainement musical pour Rose qui n’aurait jamais cru voir son rêve de chanter se réaliser.

«Avant, je ne savais pas trop vers où j’allais, dit-elle. J’aimais la musique, mais je ne pouvais pas en faire mon métier. J’aimais écrire et je me disais que ça n’intéressait personne. Aujourd’hui, j’ai la chance de pouvoir faire ce que j’aime. Ça a l’air simple comme ça, mais c’est tellement merveilleux tous les jours de me réveiller et de faire ce qui me plaît!»

Rose
Au Club Soda
Samedi à 19 h

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