Les parlementeries, politiquement incorrect
Après 11 ans d’absence, Les parlementeries – cette parodie baveuse de la vie parlementaire imaginée par Pierre Légaré – était de retour dans sa version 2008 au Théâtre Saint-Denis.
Répliques assassines et sous-entendus peu subtils, nos politiciens – sous les traits d’Yvon Deschamps, chef de l’Action démagogique, Pierrette Robitaille, chef du Blocage Québécois et Daniel Lemire, premier ministre et chef du Parti misérable du Québec – en ont pris pour leur rhume.
Sur le trône du président de l’Assemblée nationale, Pierre Légaré, sur lequel veillait une énorme croix.
Pendant l’heure quarante-cinq que durait la première partie de la soirée, tous les «dépités» y sont allés de leur revendications et accusations à l’endroit des partis adverses. L’immigration, la réforme de l’éducation, l’environnement et la crise bancaire ont été les sujets chauds des débats.
André Sauvé, seul député de l’Action démagogique du Québec, a déridé l’auditoire avec une allocution complètement déjantée où il a déclaré avoir mal à son terroir. Son chef, Yvon Deschamps a réussi, comme toujours, à nous choquer drôlement en affirmant vouloir remettre les femmes au foyer, Jésus sur sa croix et les imigrants dans leur pays.
Par ailleurs, Pierrette Robitaille a été l’une des étoiles de la soirée avec son personnage de chef du Blocage Québécois et on lui a trouvé même des airs de Pauline Marois. Elle n’a pas hésité à parler du «nous», de son anglais et de sa fameuse maison, tout cela avec le support de ses députés Mario Jean, Guy Nantel et Sylvain Larocque.
Quant à Daniel Lemire, il s’est imposé comme premier ministre du Québec avec des jeux de mots bien trouvés et ses ministres comiques. Laurent Paquin, Boucar Diouf, cathy Gauthier et surtout Jean-François Mercier ont fait vivement réagir la foule. Ce dernier déclarait être contre la langue de bois : «Ça fait des échardes pendant la fellation.»
La Commission
Au cours de la deuxième partie, l’Assemblé se transforme en Commission Boucher-Talleur. Ainsi, François Massicotte, Serge Grenier, Patrick Huard, les Chick’n’Swell, Réal Béland et Michel Rivard ont partagé leurs opinions arrêtés devant les députés. Le tout s’est terminé avec l’apparition de Grégory Charles en Michaëlle Jean.
Les parlementeries d’aujourd’hui n’ont pas pris une ride, l’actualité politique étant toujours aussi inspirante, mais le manque de rythme et la longueur de la soirée ont souvent fait penser à de vrais travaux parlementaires…
Les parlementeries
Au Théâtre Saint-Denis
Jusqu’à dimanche