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Synecdoche, New York : Un test de Rorschach en images

Daniel Holloway, Métro New York

Catherine Keener se rue sur Philip Seymour Hoffman et le serre dans ses bras. Ce n’est pas que les deux comédiens ne se sont pas vus depuis des mois. Ils sont juste très proches!  

«On m’a dit que je pouvais fumer dans cette pièce. Ça vous dérange?» demande un Hoffman habillé d’unjeans et d’un t-shirt. Aussitôt, Keener se lève et trouve le moyen d’ouvrir la fenêtre de la chambre de l’hôtel Regency, dans laquelle nous nous trouvons.

L’amitié qui lie Catherine Keener et Philip Seymour Hoffman remonte à 2005, quand les deux acteurs ont participé au tournage de Capote [Hoffman a remporté l’Os­car du Meilleur acteur, pour son interprétation du célèbre auteur].

Aujourd’hui, ils font à nouveau la paire dans Synec­doche, New York, le dernier-né du scénariste psychédélique à l’imagination débordante Charlie Kaufman.

Le long métrage, le premier de Kaufman à titre de réalisateur, fait presque paraître ses autres films, comme Adaptation et Eternal Sunshine of the Spotless Mind, pâles! C’est une aventure surréaliste qui amène à se questionner sur l’amour et la mort. Et qui laissera plutôt perplexe…

Les acteurs ont aussi été renversés à la lecture du scénario.

«Je me suis dit : « Pauvre Phil [Hofman], ça va l’achever! »» lance Keener en regardant son partenaire et en riant. Il n’a pas les nerfs assez solides pour ça!»

Keener fait référence aux deux intenses heures du film où Hoffman est très émotif dans le rôle de Caden Cotard, un directeur de théâtre dépressif qui a le cÅ“ur brisé quand sa femme le laisse. Pour faire face à la solitude et à son obsession pour la mort, il crée une pièce inspirée de sa vie et se déroulant en temps réel. Le tout prend place dans un décor grandeur nature  conçu dans un entrepôt en plein cÅ“ur de New York.

«Quand j’ai lu le scénario, j’ai eu les mêmes questions que les gens auront sûrement en voyant le film», explique Hoffman. Ce film est un test de Rorschach [taches d’encre] pour les gens. Ils peuvent se projeter dans le film. Il a été fait pour ça.»

Keener approuve : «C’est un récit très personnel qui fera écho aux récits personnels de chacun. Quand nous tournions le film, j’ai senti un fort parallèle avec ma propre vie.»

Mais peu importe l’émotion que chacun éprouvera, une chose est sûre : le film va provoquer de vives discussions.

C’est d’ailleurs de cette façon que sa production a débuté. Avant de commencer le tournage, Kaufman a invité toute la distribution à souper et est passé à travers le scénario pendant plusieurs heures. Hoffman ironise en ajoutant que même un simple «Comment ça va» devenait un prétexte pour parler du film en profondeur! Mais en fin de compte, l’acteur ne croit pas que le message du film soit trop analytique.

«Je pense que Caden, mon personnage, appelait le chaos, explique Hoffman. Et dans le chaos, il trouvera peut-être l’art. Et par conséquent peut-être que sa femme lui reviendra et qu’il trouvera que la vie vaut la peine d’être vécue.

Synecdoche New York
En salle dès aujourd’hui

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