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Girl Talk: Macédoine musicale

Plusieurs critiques ont placé le dernier album de Girl Talk, Feed the Animals, au sommet de leur palmarès des meilleurs albums de 2008. Le DJ musicien de Pittsburgh s’applique à créer de nouvelles chansons avec des centaines d’échantillons de pièces déjà existantes. Et comme ce qu’il fait est vraiment cool et rafraîchissant, nous partageons avec vous une entrevue qu’un de nos collègues new-yorkais a réalisée avec lui. 

Il existe deux différences importantes entre le stupéfiant Night Ripper, qui a fait découvrir Girl Talk en 2006, et Feed the Animals, paru cette année. D’abord, Animals propose des beats plus denses et une plus grande variété d’échantillonnages. Ensuite, il y a ce gangsta rap… de plus en plus présent.

«Ma mère s’entraîne sur mon disque», clame Gregg Gillis, qui a assemblé plus de 300 échantillons pour parvenir à obtenir un enregistrement vraiment original. «C’est drôle, ajoute-t-il, parce que je lui ai donné une version éditée pour la radio de Night Ripper, sans les jurons et tout, et ça l’a jetée par terre. Mes parents en ont fait des copies qu’ils ont données à leurs amis. J’étais curieux de savoir s’ils avaient téléchargé la version non éditée, mais en utilisant le iPod de ma mère l’autre jour, j’ai réalisé qu’elle avait toujours la version éditée.»

Alors, que pense-t-elle de ce nouvel album? «Quand il est sorti, je leur ai dit de ne pas télécharger la version non éditée, que je leur donnerais une copie. Je leur ai expliqué que le trafic serait énorme, mais c’était plutôt pour l’éditer d’abord.»

Hélas, sa mère, comme les milliers d’autres internautes qui ont déboulé sur son site le jour où il a mis en ligne Feed the Ani­mals (en exploitant le système «payez ce que vous pouvez»), ne pouvait attendre. «Elle a finalement demandé une copie éditée après avoir entendu l’autre. Elle m’a dit que les jurons ne la dérangeaient pas autant que le contenu de nature sexuelle.»

Et en ce qui concerne le trafic sur son site, «même si le passage d’un échantillon à l’autre est plus lent, il y a toujours plus de samples au total». «Parfois, on entend la mélodie d’une chanson, la voix d’une autre… Chaque titre a plusieurs couches. J’ai eu plus de temps pour préparer cet album, donc j’ai pu porter davantage d’attention aux détails et à la production.»

Dans la mire
Grâce à Feed the Animals, Girl Talk s’est retrouvé plus que jamais sous le feu des projecteurs. Une attention qui ne déplaît pas du tout au principal intéressé. «Plusieurs personnes n’avaient jamais rien enten­du de semblable à Night Ripper. Par conséquent, le CD allait être scruté à la loupe, observe-t-il. Ça ne me dérange pas, parce que je suis plus à l’aise avec Feed the Animals. Je sens que c’est un meilleur travail. Le but était de réaliser la plus extravagante macédoine musicale possible, et je pense qu’à ce chapitre, Animals frappe fort, plus fort que Night Ripper. Dans un monde idéal, toutes les critiques le diraient, mais ce n’est plus comme avant. Les gens ont eu le temps d’écouter Night Ripper dans des partys, de s’y habituer, de se laisser imprégner de ses rythmes… C’est pour ça qu’il est impossible de juger le suivant immédiatement.»
 

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