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Critiques CD de la semaine du 8 au 12 octobre

Cette semaine, l’équipe de Métro a écouté les derniers albums de Diana Krall, ThusOwls, Me’shell Ndegeocello, Sylvain Cossette, Sean Paul et Muse.

Irrésistible
Diana Krall
Glad Rag Doll (4/5)

Pour son 12e album studio, la chanteuse de jazz a choisi de retomber en enfance. C’est parmi les vieux 78 tours de son père qu’elle a trouvé ses «nouvelles» chansons. Et pour épicer le tout, elle a fait appel au réalisateur T Bone Burnett. Ce qui est étrange – et très intéressant à la fois –, c’est que Burnett a réussi à garder intact l’aspect vieillot des pièces tout en tirant un fil jusqu’en 2012 pour les rendre modernes, comme si elles avaient été composées ces jours-ci. Un tour de force. À cela s’ajoutent la voix et le talent d’interprète de Krall, qui semble s’amuser follement. Comment ne pas craquer?
– Éric Aussant

Envoûtant
ThusOwls
Harbours (3,5/5)

Quand on se met à l’écoute de Harbours, c’est la voix de la Suédoise Erika Alexandersson – au cœur du projet Thus:Owls, avec le Québécois Simon Angell, aussi guitariste de Patrick Watson – qui frappe d’abord. Ou plutôt, qui nous enveloppe, nous charme et nous happe dans l’univers musical particulier du groupe. On est tenté, bien sûr, de chercher la comparaison avec Patrick Watson, mais si on trouve le même niveau de solidité et de richesse dans les arrangements, dans les textes et dans les mélodies signées Alexandersson –, on ne nage pas tout à fait dans les mêmes eaux; plus de guitares, plus de percussions… mais c’est tout aussi envoûtant.
– Jessica Émond-Ferrat

En mémoire
Me’shell Ndegeocello
Pour une âme souveraine (3/5)

Artiste intègre et inventive, Me’shell nous a toujours fascinés par sa voix et par son jeu. Sur cet album hommage, la bassiste américaine reprend des pièces du répertoire autrefois interprété par la grande Nina Simone, une artiste à laquelle elle a fréquemment été comparée. Usant de subtilité et de classe, Me’shell revisite Feelin’ Good dans une ambiance enfumée ou signe, en compagnie de Cody ChesnuTT, une vibrante To Be Young, Gifted and Black. Malheureusement, des bémols parsèment le parcours. On pense à la relecture discordante du Suzanne de Cohen, aux arrangements chaotiques, ou à la reprise basique de Turn Me On, un standard devenu trop standard, justement.
– Nathalia Wysocka

Sylvain?
Sylvain Cossette
Le jour d’après(2,5/5)

Que s’est-il passé avec Sylvain Cossette? Est-ce que sa nouvelle relation amoureuse avec une femme de 20 ans sa cadette aurait eu l’effet de rajeunir son écriture et de lui faire troquer un son plus rock contre de la pop? On dirait que cet énième opus de l’auteur-compositeur-interprète québécois a plutôt été concocté pour une femme dans la vingtaine que par un homme qui aura bientôt 50 ans. En tout cas, les pièces Le monde est fou et Pour toujours seront fort probablement de gros hits commerciaux avec leurs mélodies accrocheuses et leurs rimettes élémentaires. De futures chansons de karaoké!
– Rachelle McDuff

Le petit roi
Sean Paul
Tomahawk Technique (2,5/5)

Sur la pochette de son sixième album, Tomahawk Technique, Sean Paul arbore la crête iroquoise pour, avoue-t-il, se donner une image belliqueuse. Le nerf de la guerre? Revendiquer le trône du dancehall. Force est d’avouer que sa sixième bataille est ponctuée de bons coups et que le guerrier dispose d’une solide armée. Pop efficace, dansante, mais dont la valeur créative reste très limitée. Les paroles perpétuent le machisme associé au genre tandis que les ambiances sonores électro constituent peut-être la seule plus-value de l’album par rapport aux précédents. Roi, oui, mais d’une bien petite montagne.
– Charles-Éric Blais-Poulin

La fin
Muse
The 2nd Law (2/5)

Fan aguerrie de Muse, on a pourtant fait une pause dans notre relation avec le groupe anglais depuis The Resistance, son précédent album. On comptait sur The 2nd Law pour retrouver la flamme des débuts… Si Supremacy, en ouverture, nous laisse présager un retour aux sources, ce n’est qu’une illusion. À trop vouloir toucher à des styles différents et à suivre toutes les influences, on finit par produire un bombardement musical sans harmonie ni poésie. On ne pardonne pas au groupe de s’asseoir sur sa notoriété pour proposer un album sans personnalité et manquant autant de cohésion. Muse, je te quitte!
– Anicée Lejeune

Évaluation: 5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt

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