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Joaquin Phoenix : La tête à la musique

Dorothy Robinson - Métro États-Unis

Si ce n’est pas un canular, alors Joaquin Phoe­nix a complètement perdu la tête. Quoi qu’il en soit, nous sommes désolé pour le film Two Lovers (Deux amants).

Lorsque nous avons rencontré Joaquin Phoenix, il ne semblait pas vraiment vouloir discuter de son premier rôle, celui de Leonard, dans ce film d’auteur (pendant notre entrevue de 30 mi­nutes, il a évoqué le film à 2 reprises seulement). Il était plutôt obsédé par les raisons pour lesquelles il abandonne sa carrière d’acteur pour se lancer dans le rap.

L’acteur, qui a déjà été sélectionné pour un Oscar, est arrivé avec une heure et demie de retard, une cigarette au bec, son t-shirt sale marqué de taches de transpiration. Une barbe miteuse et un surplus de poids d’environ neuf kilos dissimulaient la beauté intense qui le caractérisait autrefois. Son odeur corporelle se dégageait par bouffées dans la pièce. Sans oublier qu’il était accompagné d’une équipe de tournage, puisque l’acteur Casey Affleck, son beau-frère, «filme cette transition pour en faire un documentaire.»

« Je ne suis pas mécontent [du cinéma], marmonne-t-il. Je pense encore beaucoup de bien des films et je respecte les acteurs. Personnelle­ment, je ne m’épanouissais plus. Il n’y avait plus de mystère pour moi. Avant, quand je lisais des scénarios, je ressentais l’envie irrésistible d’y participer et de les voir prendre forme. Ces derniers temps, quand je lis un scénario, je ne pense qu’à une chose : quelqu’un qui va mettre du maquillage dans ma maudite face. […] Je ne sais pas trop comment expliquer ça. Je crois que la musique devra s’expliquer par elle-même.»       

Quelle musique?

Mais il y a un hic : de quelle musique parle-t-il? Rien ne permet de penser que Joaquin Phoenix est un rappeur (son nom de scène sera JP nous annonce-t-il), sauf une vidéo granuleuse sur YouTube, dans laquelle on le voit essayer de chanter du rap et tomber de la scène. Même si sa prestation est quelconque et déglinguée, on s’aperçoit qu’elle est filmée par des caméras vidéo professionnelles. Les mêmes qui captent notre entrevue.

Lorsque nous essayons de l’interroger sur la validité de cette déclaration, il se met sur la défensive.

«Merci, merci beaucoup», répond-il sur un ton sarcastique. Nous ne pouvions pas voir son regard derrière ses lunettes noires, mais nous étions persuadé qu’il était meurtrier. Il ajoute : «C’est difficile de ne pas s’énerver lorsque les gens suggèrent qu’une chose importante, à laquelle on consacre sa vie et son cÅ“ur, est complètement fausse.»

Ulcéré ou ravi? Vérité ou mensonge? Quels que soient les sentiments ou l’état d’esprit de Joaquin Phoenix, ni lui ni Casey Affleck ne nous ont donné de réponses crédibles sur ce qui se passait exactement dans la salle de conférence de l’hôtel.

Toutefois, nous avons cru ce que le réalisateur calme et serein de Two Lovers, James Gray, avait à dire lorsque nous avons finalement eu la chance de lui parler.

«J’essaie de ne pas penser à cette comédie, déclare-t-il au sujet de cette campagne de promotion, qui ressemble davantage à une émission de téléréalité sur un cirque qu’à autre chose. C’est totalement imprévu et stupide, mais je n’ai aucun contrôle sur la situation.»  

Il n’était pas le seul…

Two Lovers
En salle dès aujourd’hui

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