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Grâce à Almodóvar

Jérôme Vermelin - Metrofrance.com

Lorsqu’elle nous rejoint lundi sur une plage luxueuse de la Croisette, Penélope Cruz est un peu contrariée. Un vilain mal de gorge l’obligera à annuler plusieurs interviews après la nôtre, mais c’est avec enthousiasme qu’elle nous a parlé d’Étreintes brisées, le nouveau film de Pedro Almodóvar qu’elle a déjà vu deux fois avant de venir sur la Croisette.

«Avant la première projection, j’étais très anxieuse, car il s’agissait d’un des scénarios les plus longs et les plus complexes de Pedro», dit l’actrice.

«Il nous avait avertis qu’il y aurait des surprises, et j’ai constaté qu’il avait coupé beaucoup de scènes absolument brillantes, ajoute-t-elle. Je l’admire beaucoup pour ça, car il y a peu de
réalisateurs qui seraient capables de le faire. Il n’agit que pour la cohérence du film.»

Horreur des scènes comiques

Dans Étreintes brisées, Penélope interprète Lena, une ancienne secrétaire qui a accepté une vie de compromission avec son patron jusqu’au jour où elle tombe amoureuse d’un réalisateur qui lui propose un grand rôle.

«J’aime ce personnage, insiste Penélope. Elle devient manipulatrice par la force des choses, pour pouvoir survivre. La vraie Lena, c’est celle qu’on voit au début, sans masque, qui va jusqu’à se prostituer pour payer les soins médicaux de son père. C’est une femme profondément blessée, qu’on va retrouver à Lanzarote dans les quelques moments de paix et de bonheur qu’elle va pouvoir vivre avec Mateo.»

Du burlesque au film noir en passant par la romance et le drame, la fiction et la réalité, Étrein­tes brisées s’est révélé une gymnastique exigeante pour une comédienne qui avoue douter d’elle-même en permanence.

«Sur un plateau, je suis toujours persuadée qu’on va me virer, même avec Pedro!» dit-elle le plus sérieusement du monde.

Le plus dur?

«Sans doute les scènes comiques. À l’écran, c’est très drôle, mais moi, je le vis comme un drame. Sur Vicky Cristina Barcelona [de Woody Allen], je souffrais tous les jours, comme un animal.»

Penélope pourrait parler longtemps de son admiration pour le cinéaste qui l’a propulsée au firmament il y a trois ans avec Volver.

«Si j’aime le cinéma, c’est grâce à Pedro. Je l’ai découvert à l’âge de 11 ans, et c’est l’artiste que j’ai le plus admiré dans ma vie, avoue-t-elle. Sur un tournage, on a l’impression que c’est sa vie qui est en jeu. Rien que pour ça, j’aimerais tant qu’il gagne la Palme d’Or!»

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