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Le côté sombre de la force

Geneviève Vézina-Montplaisir - Métro

Anik Jean l’a souvent dit, elle possède un côté sombre. Et ce petit côté glauque, elle le dévoile de plus en plus.

Après un deuxième CD plus noir, au titre révélateur Le ciel saigne le martyr, paru en 2008, la chanteuse troque son micro pour la plume et offre sa première bande dessinée, Magnum 66, Le labyrinthe des mensonges vol.1, illustrée par le peintre graffiteur Zïlon.

Dans ce bouquin, pas d’histoire à l’eau de rose et pas de personnages fleur bleue. Au contraire, dans la première BD d’Anik Jean, le sang coule à flots, les personnages sont armés, les têtes sont coupées et les zombies ne sont jamais très loin.

«Moi et Zïlon, on partage le même univers dark, affirme la nouvelle auteure de BD rencontrée dans un resto de la rue Saint-Denis. Il y a une beauté dans l’ombre, et les gens l’ont vue dans mes vidéoclips. Je n’ai jamais été une artiste qu’on voit courir dans les champs avec un sourire.
Je ne surpren­drai donc personne avec ma BD!»

Dans Magnum 66, Le labyrinthe des mensonges, on assiste à l’enlèvement, en plein vol, de Kina et de G. la Brute, les deux membres de la formation Magnum 66.

On les a capturés pour les forcer à participer à la populaire – et ô combien violente! – émission de téléréalité Le labyrint­he des mensonges.

Pris au piège, ils devront surmonter une panoplie d’obstacles pour s’en sortir vivants.

Kina et G. la Brute sont en fait les alter ego imaginaires de la chanteuse et de son copain Gilles Brisebois, qui forment sur papier et dans la vraie vie le groupe de musique Magnum 66.

Zïlon s’est inspiré du couple et de sa musique pour dessiner les images de ce qu’il appelle un «roman graphique» parce que l’ouvrage brise les normes des BD conventionnelles.

Ici, pas de bulles au-dessus de la tête des personnages, pas de cadres bien définis.

«On voulait casser un peu le moule de la BD, explique-t-il. Pour moi, Magnum 66, Le labyrinthe des menson­ges, c’est avant tout une Å“uvre d’art.»

Un band réel

Magnum 66 existe donc bel et bien.

Anik Jean et son copain musicien préparent leur premier opus. Les chansons de ce disque sont en anglais – la chanteuse y fait un retour aux sources, elle qui a entamé sa carrière dans la langue de Shakes­peare -, et attention : pour écrire les titres du CD, la rockeuse s’est mise dans la peau de différents meurtriers aux personnalités diverses.

«C’est très sombre, très « David Lynch », observe Zïlon. Ça se démarque de ce qu’Anik fait dans ses projets personnels. C’est cinématographique : les textes sont des scénarios, et la musique est une bande sonore.»

Pour l’instant, pas de date de sortie pour l’album qui sera signé Magnum 66, même si le travail de pré-production va bon train.

«On ne se stresse pas avec ça, souligne Anik Jean. On ne se met pas de contrainte artistique ou temporelle.»

Anik Jean travaille en outre à son troisième CD, qui devrait voir le jour au début de l’année 2010. Elle prévoit aussi donner une suite à sa première BD.

Laissant ses lecteurs sur un «À suivre», la bédéiste n’en a pas fini avec les aventures de Kina, et son illustrateur non plus!

Magnum 66 Le labyrinthe des mensonges vol.1
Éditions Les Intouchables
En librairie dès demain

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