Woodstock, des souvenirs pas toujours roses
On est en plein dans la nostalgie de l’idyllique Woodstock, avec la célébration, ce week-end, du 40e anniversaire du festival de musique qui a véritablement défini le mouvement hippie.
«Mais ce n’est pas cette scène d’archive que l’on peut voir dans la bande-annonce du nouveau film de Ang Lee, Taking Woodstock (Hôtel Woodstock), qui montrera le contraire», lance Ren Ganner, qui a participé au fameux événement.
Car tous n’ont pas que de bons souvenir de ce festival légendaires de paix et d’amour prévu pour trois jours, mais qui s’est déroulé sur quatre, du 15 au 18 août 1969 à Bethel, dans l’état de New York.
Ren Ganner se souvient avoir été coincé dans un embouteillage de près de 13 km, paralysé à cause des voitures abandonnées, et du fait que les remorques qui transportaient les toilettes portatives ne sont jamais arrivées à destination.
«C’était le bordel», se rappelle Ren Ganner, devenu aujourd’hui vendeur de logiciels. Il est arrivé avant que la musique ne commence et a décidé de quitter les lieux. «Beaucoup de personnes repartaient alors qu’elles venaient à peine d’arriver.»
Manque d’organisation
Manquant de système sanitaire et d’abris, le festival a toutefois rassemblé quelque 400 000 personnes sur un champ de ferme boueux. La police avait, quant à elle, estimé que près d’un million de personnes étaient sur les routes des alentours.
Un adolescent est mort écrasé par un tracteur alors qu’il dormait dans son sac de couchage. Un autre est décédé d’une overdose. Des centaines de festivaliers ont été soignés pour des blessures et pour des maladies causées par la pluie. La nourriture a dû être acheminée par avion, tellement le site était éloigné de tout.
«Les gamins campaient n’importe où, sur nos gazons, dans les cimetières, etc.», se souvient l’historienne de la ville de Bethel, Marion Vassmer, dont la famille dirigeait le magasin général.
«Beaucoup d’entre eux étaient nus. Aucune organisation n’avait été prévue pour la cueillette des ordures.»
Les commerces de Bethel ont accueilli à bras ouverts le festival, dit-elle. «Mais beaucoup d’habitants étaient contre.» Le maire de la ville a perdu les élections suivantes à cause de Woodstock. Le nouveau, quant à lui, a tout fait pour effacer toute trace du rassemblement.
«Mais quand ce fut fini, les bonnes personnes sont venues aider au nettoyage, se souvient Mme Vassmer. Une chose est sûre, c’est que, certes, il y avait de la drogue, mais il n’y avait pas de violence. Et aucune bagarre n’a eu lieu.»
Taking Woodstock
En salle dès le 28 août